Pourquoi mes clients testent 10 activités sans jamais en approfondir une seule
Analysons cette dispersion
Quand j’ai (enfin) quitté le salariat, j’ai plongé dans une frénésie de tests d’activités. ça allait dans tous les sens, alors que j’aurai sans doute mieux fait de me poser sur ce que je ne voulais plus.
Je constate que je ne suis pas la seule, quand j’échange avec d’autres personnes qui se sont lancées dans leur construction d’une constellation professionnelle.
Je ne jette la pierre à personne et un de mes mantras est “l’action crée l’information”. La théorie ne me va pas bien, c’est dans les tests que je trouve mes réponses.
Sauf que… tout ne mérite pas d’être testé.
Quand j’ai quitté mon CDI, je n’avais connu que le salariat et j’ai ressenti un grand vide.
Plus de rails. Plus de structure. Plus d’agenda imposé.
Ma réaction ? Une frénésie d’activités.
J’ai exploré pendant deux ans :
L’achat et la mise en oeuvre de plusieurs gîtes (activité qui existe toujours)
Le coaching immobilier
Le consulting pour une fintech en lancement
Une association avec une amie qui proposait des services de formation B2B
L’idée d’une formation Marie Kondo d’aide au rangement
Le trading professionnel
Je testais tout. Je reniflais chaque opportunité.
Mon conjoint me regardait avec inquiétude. “Tu ne peux pas te concentrer sur une seule chose ?”
Non. Je ne pouvais pas.
PS : pour les nouvelles et nouveaux arrivant.e.s
Je suis pleine de contradictions : j’ai quitté un CDI pour créer ma liberté mais j’ai encore du mal à respecter mes cycles d’énergie. J’ai théorisé la finitude et je continue parfois à me surcharger. C’est cette réalité brute que je partage ici.
Mon but n’est pas de vous vendre du rêve, mais de vous partager mes essais-erreurs en temps réel. Cinq ans de transition vers une constellation professionnelle équilibrée, avec les galères autant que les réussites. Bienvenue.
Après des mois d’observation de mes clients et de mon propre parcours, j’ai identifié le mécanisme :
Phase 1 : L’euphorie de la liberté
On quitte une situation contraignante. On se sent capable de tout. Le monde s’ouvre.
Phase 2 : La panique du vide
Sans structure externe, on perd ses repères. Le cerveau déteste le vide. Il le remplit. Avec n’importe quoi.
Phase 3 : La dispersion compulsive
On se lance dans tout ce qui brille. Chaque nouvelle activité est LA solution.
Phase 4 : La culpabilité
On réalise qu’on tourne en rond. On se juge. On se compare à ceux qui “réussissent”.
Ce n’est pas de la curiosité saine. C’est une fuite.
J’apprends en testant. L’expérimentation fait partie de mon ADN .
Mais il y a une nuance entre :
L’exploration saine :
On teste avec intention
On se donne un délai d’expérimentation
On analyse ce qu’on apprend
On sait pourquoi on arrête (car on l’a décidé en amont quand on s’est lancé)
La dispersion toxique :
On fuit dès que ça devient difficile
On cherche la nouveauté pour éviter l’approfondissement
On accumule les débuts sans jamais atteindre la maîtrise
On évite de regarder ce qui nous fait vraiment peur
Pour moi, la bascule s’est faite quand j’ai compris que je fuyais la peur de ne plus avoir d’identité professionnelle.
Sans mon titre de “Head of Operations”, qui étais-je ?
Un matin d’octobre 2023, épuisée par cette course permanente, j’ai fait une liste .
Toutes mes activités en cours. Le temps qu’elles prenaient. L’argent qu’elles rapportaient. Mais surtout : comment je me sentais en les faisant.
Le coaching immobilier ? J’aimais transmettre mais j’avais atteint mon quota mental d’immobilier avec mes propres investissements. Je ne voulais faire plus que ça.
Le consulting fintech ? Intellectuellement stimulant mais ça me ramenait à ma vie d’avant. Et si je l’ai quitté, c’est en partie parce que ces sujets ne m’intéressaient plus.
Le trading ? Mon corps ne supportait plus les journées devant les écrans.
Voici l’exercice que je propose maintenant systématiquement à mes clients en phase d’exploration :
Pour chaque nouvelle activité explorée ces 6 derniers mois :
L’avez-vous testée concrètement (pas juste en théorie) ?
Combien de temps y avez-vous vraiment consacré ?
Pourquoi avez-vous arrêté ou ralenti ?
Était-ce par curiosité ou par fuite d’une difficulté ?
Si vous avez plus de 3 activités explorées en 6 mois sans qu’aucune ne soit approfondie : vous êtes probablement en dispersion toxique.
Mais ce n’est pas grave. C’est même normal après un grand changement de vie.
Voici la question difficile que j’explore avec mes clients :
“À quel moment l’exploration devient-elle une fuite ?”
Pour moi, c’était quand j’ai compris que je créais une nouvelle activité chaque fois que la précédente commençait à m’ennuyer.
La dispersion n’est pas le problème. Elle est le symptôme.
De quoi avez-vous peur au fond ? De l’échec ? Du succès ? Du jugement ? De l’ennui ?
Identifiez la peur. Regardez-la en face.
Puis décidez : continuer l’exploration ou prendre son courage à deux mains et approfondir vos tests ?
Les deux sont valables. Mais choisissez en conscience.
Aujourd’hui, j’ai toujours plusieurs activités : mes gîtes, cette newsletter, mes investissements, mon mentorat.
La différence ? Je sais pourquoi je les garde. Je sais ce qu’elles m’apportent. Je travaille à ce qu’elles ne m’ennuient pas.
Mais j’ai aussi appris à dire non. À mettre en pause. À arrêter. À approfondir quand ça vaut le coup.
L’exploration n’est plus une fuite. C’est un choix.
Et vous, où en êtes-vous dans votre exploration ?
Si vous vous reconnaissez dans cette phase de dispersion, sachez que c’est normal. C’est même nécessaire.
Mais si vous sentez qu’il est temps de transformer ce chaos créatif en constellation structurée, mes articles Ressources et mon parcours de mentorat peuvent vous aider à faire le tri.
À bientôt ?
Tiffany
PS: J’ai partagé la semaine dernière pourquoi vous n’êtes pas obligés de choisir un seul métier et également comment identifier ses compétences invisibles en article ressource.
PSS: J’écris sur Notes mes nouvelles idées et chaque lundi mon bilan de la semaine passée.
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