Pourquoi vous n'avez pas besoin de prendre la "bonne" décision
Comment j'ai arrêté de chercher le choix parfait pour enfin avancer
Il y a deux semaines, Substack a lancé la fonctionnalité d' A/B test de titres.
Joie pour moi, qui a tellement aimé travailler dans les études statistiques (magasins témoins, acheteurs témoins).
Je me suis empressée de le tester bien sûr, et cela a fait écho avec cet article que j'avais dans mes brouillons.
Bonne lecture.
Cette semaine, j'ai observé une scène qui m'a fait réfléchir.
Un enfant qui discute naturellement avec ChatGPT. Il lui pose des questions sur l'école, lui demande s'il est "un garçon ou une fille", accepte tranquillement les réponses de cette intelligence artificielle.
Pour cet enfant, c'est normal. L'IA va faire partie de son univers depuis toujours.
Mais moi, ça me questionne.
Que donnera cette génération qui grandit avec l'IA comme compagnon possible de jeu ? Impossible de le savoir. Nous n'avons pas de groupe témoin.
Et c'est exactement le problème de toutes nos décisions importantes.
Pendant mes six premières années de carrière, j'analysais l'impact des animations commerciales sur les ventes en magasins.
Mon travail ? Trouver des magasins et des acheteurs "témoins".
Des jumeaux parfaits : même zone géographique, même profil de clientèle, même historique de ventes et d'achats. Un magasin recevait l'animation, l'autre non. Un client recevait une réduction, l'autre non.
Ainsi, je pouvais mesurer l'impact réel de nos actions.
Le plus difficile ? Dénicher ces jumeaux. Chaque détail comptait. Une différence de concurrence locale, de trafic, de visibilité pouvait fausser l'analyse.
J'adorais cette précision. Cette possibilité de valider nos hypothèses.
Mais dans la vraie vie, ces groupes témoins n'existent pas.
Il n'y a pas de Tiffany parallèle.
Hier, je démissionne pour créer ma constellation professionnelle.
Que serait-il arrivé si j'étais restée salariée ?
Impossible de le savoir.
Dans un univers parallèle, une autre version de moi aurait peut-être gravi les échelons, obtenu des promotions, accumulé plus d'argent sur son compte en banque.
Ou peut-être qu'elle aurait fait un burn-out.
Nous ne le saurons jamais.
Cette absence de groupe témoin crée une angoisse. Comment prendre des décisions éclairées quand on ne peut jamais mesurer l'alternative ?
PS : pour les nouvelles et nouveaux arrivant.e.s
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Je suis pleine de contradictions : j'ai quitté un CDI pour créer ma liberté mais j'ai encore du mal à respecter mes cycles d'énergie. J'ai théorisé la finitude et je continue parfois à me surcharger.
Ces quatre dernières années m'ont appris énormément sur la transition vers une constellation professionnelle équilibrée. C'est cette expérience que je partage ici et que j'accompagne en mentorat.
Mon but n'est pas de vous vendre du rêve, mais de vous partager mes essais-erreurs en temps réel pour que vous puissiez construire votre propre chemin. Autrement dit, que nous vivions nos vies uniques et singulières tout en étant en contact parfois.
Alors bienvenue !
Notre cerveau cherche constamment des validateurs.
"J'ai bien fait de changer de travail, regarde comme je suis épanouie maintenant."
"J'ai eu tort d'investir dans cette action, j'ai perdu de l'argent."
Mais ces validateurs sont trompeurs. Ils jugent le résultat, pas la qualité de la décision.
Une bonne décision peut avoir un mauvais résultat. Et vice versa.
Exemple : je décide d'investir dans l'immobilier après une analyse rigoureuse du marché, de mes finances, de mes objectifs. Six mois plus tard, une nouvelle réglementation fait chuter les prix.
Mauvais résultat. Mais bonne décision.
Je prends mes décisions avec trois critères :
Les informations disponibles au moment.
Pas celles que j'aurai dans six mois. Celles que j'ai maintenant.
Mon contexte personnel actuel
Si je suis épuisée, je ne lance pas un nouveau projet. Si j'ai de l'énergie, je n'attends pas.
Ma capacité de mise en œuvre
Peu importe si c'est "la meilleure décision théorique" si je ne peux pas l'appliquer concrètement.
Une fois la décision prise, je fais la paix avec elle.
Parce que le résultat dépendra aussi de facteurs que je ne contrôle pas : changements réglementaires, évolutions du marché, pandémies, révolutions technologiques.
J'ai créé un système simple dans Notion pour suivre mes décisions importantes.
Pas pour juger les résultats. Pour améliorer mon processus.
Voici ce que je note :
Date et contexte : Dans quel état d'esprit étais-je ?
Informations utilisées : Quelles données ai-je prises en compte ?
Alternatives envisagées : Quelles autres options j'ai étudiées ?
Critère de décision : Qu'est-ce qui a fait pencher la balance ?
Apprentissage (6 mois plus tard) : Qu'est-ce que je referais différemment dans mon processus ?
Attention : je ne juge jamais le résultat. Seulement la qualité de ma réflexion.
Cette approche m'a libérée de l'angoisse du "bon choix".
Ma décision est un acte fini.
Je rassemble les informations, j'évalue mes options, je tranche. Point.
Vive la finitude.
Le résultat qui en découlera m'échappera en partie. Il dépendra de mille variables que je ne maîtrise pas.
Accepter cette finitude de mon contrôle, c'est accepter l'incertitude.
Et paradoxalement, cette acceptation me rend plus libre de décider.
Parce que je ne cherche plus la décision parfaite. Je cherche la décision cohérente avec qui je suis, maintenant, avec ce que je sais, maintenant.
Cela se rapproche d'une autre maxime de vie que j'ai : je fais de mon mieux à l'instant donné.
Par exemple, je suis en train de vérifier le ménage d'un de mes gîtes et je finalise sa préparation. Je suis épuisée. Je fais de mon mieux et j'accepte que cela n'est pas au maximum de ce que je pourrai faire en pleine forme.
Si un problème apparait, ce n'est pas grave, car j'ai fait de mon mieux.
La prochaine fois que vous hésiterez face à un choix important, posez-vous ces questions :
Quelles informations ai-je maintenant ?
Dans quel contexte personnel suis-je ?
Quelle est ma capacité réelle de mise en œuvre ?
Puis décidez. Et avancez.
Parce qu'au final, nous sommes tous des cobayes sans groupe témoin.
Autant l'assumer et prendre des décisions qui nous ressemblent dans le moment présent.
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Si cette approche de gestion d'énergie et d'acceptation des cycles vous intéresse, je développe ces concepts dans mes articles Ressources payants sur la construction d'une constellation professionnelle durable.
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Et vous, comment prenez-vous vos décisions ? Partagez le en commentaire.
À bientôt ?
Tiffany
PS: J'ai partagé la semaine dernière mon bilan de mon année de newsletter.
PSS: J’écris sur Notes mes nouvelles idées.

