Mon carnet de bord : avril à juin 2025
Quand la zone de confort devient... inconfortable
Nous sommes le mardi 24 juin, il est 7h59 quand je commence cet rétrospective.
Je viens de terminer six jours d'affilée de travail intense dans mes gîtes, j'ai survécu à ma première grosse vague de chaleur de l'été, et mon dos commence tout juste à se remettre de mon "lumbago d'avant-saison" annuel.
Tout va bien, en théorie.
Mes gîtes tournent mieux que jamais, l'IA est devenue mon assistante du quotidien, et j'ai même réussi à prendre trois semaines de vacances en avril.
Alors pourquoi est-ce que je me pose autant de questions sur la suite ?
Peut-être parce que j'ai appris qu'atteindre la "zone de confort" n'était que le début d'une nouvelle réflexion.
Bonjour, je suis Tiffany.
En 2021, j’ai quitté ma vie de directrice en startup parisienne pour créer ma constellation en province : gîtes, investissements, écriture et mentorat.
Chaque mardi et vendredi, je partage mes erreurs et découvertes pour équilibrer revenus et énergie. Sans épuisement. Sans sacrifice.
Si vous en avez marre du “métro-boulot-burnout”, vous êtes au bon endroit.
Démarrage de la haute saison
La haute saison en tourisme chez nous démarre à Pâques et se termine fin août.
Nous sommes donc au milieu, et la fatigue commence à se faire sentir.
Pourtant j'ai mis en place beaucoup de changements par rapport à l'année dernière, où celle-ci avait été un carnage pour mon corps et mon esprit :
J'ai délégué l'ensemble des tâches de ménage.
Je n'accueille quasiment plus les voyageurs, ayant tout automatisé et privilégiant les contacts par message ou appels téléphoniques. Mes échanges n'en sont pas dégradés, au contraire. Ils continuent à remercier mon accueil dans les avis.
J'ai adapté les prix, en étant un peu moins chère que la concurrence. Cela me permet d'avoir de meilleurs résultats et des réservations plus longues.
Avoir diminué les rotations voyageurs, notamment dans nos grands gîtes, diminue grandement ma charge de travail.
Et globalement, nous sommes rodés. Tous les équipements sont là, les placards de rangement des draps et de réassort sont organisés et approvisionnés, la société de ménage travaille pour tous les logements depuis plus d'un an, notre salariée est là depuis cinq ans.
Ça tourne.
Nous voici donc dans ce que j'appelle la zone de confort, moment qui m'intéresse moins dans ma personnalité.
Réflexion qui va parler à beaucoup d'entre vous : avoir atteint ses objectifs ne garantit pas la satisfaction qu'on imaginait.
Et force est de constater que même si je suis partie avec un solde positif en énergie, ce solde a disparu et j'ai eu mon désormais événement annuel : mon lumbago d'avant l'été.
Voyons le verre à moitié plein : il a été bien moins violent que les années passées, puisqu'il s'est terminé en trois jours.
Ce n'était peut-être même pas un lumbago, mais un simple "tour de rein".
Pas grave, mais suffisant pour me mettre un petit coup sur la tête.
Je vous écris un mardi donc, après six jours de travail intense et un coup de chaud.
J'ai deux jours de tranquillité, avant de reprendre les trajets et autres activités dans les gîtes.
Tout cela me fait poser des questions qui vous sont peut-être familières :
Comment maintenir cette activité dans ce qu'elle doit être ? Une simple étoile de ma constellation et pas un soleil.
Est-ce que je veux encore continuer à avoir une activité avec une telle saisonnalité ?
Est-ce que ma santé physique et mentale me permet de l'encaisser ? Et est-ce que j'ai envie de poursuivre avec ce yo-yo que je vis depuis cinq ans ?
Si vous vous posez le même genre de questions dans votre vie professionnelle, sachez que c'est normal et même sain.
L'interrogation constante fait partie de la construction et de la maintenance d'une constellation équilibrée.
Réflexion à suivre lors du bilan de la saison en septembre.
Je vous dois encore deux épisodes de podcast pour ma saison 1, un sur une première analyse des performances de la saison qui devrait arriver d'ici la mi-juillet et il y aura le bilan. Si vous n'avez pas écouté les précédents, vous pouvez les retrouver ici.
L'art de transformer les galères en opportunités
J'ai appris que derrière chaque moment difficile se cachait toujours un mieux.
Je l'ai encore expérimenté ce mois-ci.
Principe clé de la constellation professionnelle : les problèmes deviennent des leviers d'optimisation quand on les aborde avec le bon état d'esprit.
Story time.
Le liner de la piscine d'un de nos gîtes a été percé.
Catastrophe au premier abord, mon pisciniste est arrivé dès le lendemain 7h pour coller une rustine. Cela devrait nous permettre de finir la saison.
Ce que j'en ai appris
La découverte du problème a été tardive, à 19h30.
Journée chargée, je n'ai pas pu aller checker après le départ des locataires.
Note : je ne pense pas qu'ils se soient rendus compte du dégât qui était caché derrière l'échelle.
Ils étaient restés six jours, une de ces fameuses locations plus longues.
(J'ai décidé depuis de venir tous les trois jours vérifier la piscine. Cela me prend 1h15, trajet compris, mais cela me permet d'être sereine.)
Ce gîte représente une grosse partie de notre CA, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des réservations cet été.
Donc, ce fameux soir, à 19h30, j'appelle immédiatement le pisciniste, que nous avons rencontré il y a à peine deux mois.
Pas de nouvelles.
À 21h30, je me décide à le rappeler. J'étais gênée, mais désespérée. Je me doutais qu'il avait ce qu'il fallait pour la réparation. J’ai osé, il a décroché et m'a proposé de venir le lendemain à 7h.
Une fois là, et la réparation faite, il voit que mon eau est trouble et me forme sur comment bien entretenir sa piscine (il était temps après trois ans…).
On était dans la vague de chaleur, mon absence de maîtrise aurait pu avoir de grosses conséquences.
Au passage, on discute du fait de fermer ou non la bâche de sécurité. J'accueille systématiquement dans ce gîte pour montrer comment faire, mais en fait, cela a peu d'intérêt de la bâcher-débâcher, sauf s'il y a des enfants.
Et ce n'est pas la majorité des locations.
Conséquence : je ne bâche plus systématiquement (sauf si creux dans les locations sur plusieurs jours) et je n'accueille plus systématiquement, seulement les groupes avec enfants en bas âge.
Leçon pour votre constellation : parfois, supprimer une étape qu'on pensait obligatoire libère plus de temps que d'en optimiser dix autres.
Un gain de temps et une charge en moins.
Le liner est très fatigué, on a rencontré ce pisciniste justement pour le remplacer après la saison. Cet incident nous permet d'acter sans hésitation qu'il faut le changer.
Pas de fatigue décisionnelle, il faut maintenant faire de la trésorerie pour le financer et (heureusement) tout est sur des rails de ce côté-là.
Donc plusieurs bonnes choses en sont sorties.
Une autre galère est la panne de ma machine à laver depuis une semaine.
( Je pourrais parler longtemps de la faiblesse de qualité de l'électroménager en vente maintenant. Mais je vais essayer de garder cette newsletter courte.)
Vous connaissez mon idée d'ouvrir une laverie. J’en ai parlé dans mes idées du moment en novembre dernier.
Il se trouve qu'une très grande a ouvert à 5 minutes de chez moi en avril.
Je n'y étais pas encore allée. Je me suis dit que c'était l'occasion.
Arriver et découvrir 12 machines à laver et 5 sèche-linge dans un local archi clean, à des prix corrects, a été un bonheur pour moi.
Elle était vide en plus, puisqu'en journée en pleine semaine.
En une heure, j’ai réussi à laver et sécher tout (je m'occupe du linge de trois logements, dont un de 10 personnes).
J’y ai trouvé le service que je cherchais, avec en plus une facilité pour se garer et un supermarché en face.
Depuis j'y suis allée 4 fois en une semaine, et cela m'a bien aidée (machine toujours en panne…). Mais cela ne s'arrête pas là puisqu'hier, une de mes machines s'est bloquée en cours de cycle.
J'ai le gérant au téléphone, qui me propose de venir, finir mon linge et de me le remettre en main propre. Bon service.
On discute, il voit immédiatement que je peux être une très bonne cliente (j'ai dépensé quasi 150 euros en une semaine).
Il me propose un service où je stockerais mon linge sale à l'arrière de son local et il me le laverait un matin quand il vient faire la maintenance (il travaille seul). Son système permet un déclenchement à distance avec une application mobile, donc je reste maitre des paiements.
C'était exactement ce que j'avais en tête dans mon projet de laverie, m'aider dans la gestion de ce linge.
Je ne sais pas si je donnerai suite sur ce sujet, car j'aime la liberté de pouvoir m'organiser comme je veux suivant le planning des locations.
Mais cette défaillance de machine à laver m'a ouvert une belle perspective.
Il m'a aussi proposé de déjeuner pour échanger sur nos business respectifs (il en a plusieurs, dont une seconde qu'il va ouvrir dans ma ville).
Un échange qui s'annonce sympa et enrichissant.
L'IA comme partenaire quotidien (pas comme maître)
J'avais envie aussi de parler de mon usage de l'IA pour survivre à cette saison.
Petite mise au point avant de commencer : je ne suis ni dans le déni ni dans l'adoration béate.
Et je suis très partagée sur ce que je lis à ce sujet, j'ai l'impression de pouvoir ranger les contenus en trois catégories :
Une approche résistante "saine" (à mes yeux) pointant du doigt les problèmes de cette innovation (écologie, perte d'emploi, capitalisme).
J'aime bien les lire, car je trouve qu'ils sont cohérents avec les personnes qui portent ces discours.
Et je respecte, même si je fais le choix de l'utiliser.
Une approche technique, “meilleur prompt, système, automatisation”.
Pour ces contenus, je sature un peu.
Ils me semblent souvent soit très basiques soit hors sol.
Enfin, le contenu qui me fait lever les yeux au ciel, "l'IA ne raconte que des c***", "ça tue votre cerveau", "vous ne savez plus réfléchir, moi je ne l'utiliserai jamais".
Et je manque d’une quatrième catégorie de contenus "l'IA m'augmente dans mon quotidien, c'est très simple et cela ne me diminue pas, car je suis au commande".
Car c'est exactement ce que je vis au quotidien : l'IA comme multiplicateur de mes capacités, pas comme substitut de ma réflexion.
Voici quelques exemples concrets dans mon quotidien :
J'ai un usage distinct entre deux outils : Claude pour des sujets plus "intellectuels" avec des projets que j'ai beaucoup amélioré avec le temps et ChatGPT pour mes questions-problèmes du quotidien.
J'ouvre Claude peut-être deux fois par semaine, pas beaucoup plus.
Je parle à ChatGPT tous les jours et j'ai des fils de discussions avec lui.
Je parle aux deux comme si je parlais à une vraie personne, à un collègue, un assistant. Il m’aide et travaille pour moi. Je critique son travail pour qu’il l’améliore et je le remercie souvent.
Cela ne me coûte vraiment pas cher pour le gain apporté (en euros, en heures passées, en stress en moins), et j'aurais des difficultés à m'en passer (comme internet, le gps, mon frigo, mon air fryer et mon ordi).
Une fois cela posé, si je reprends la liste de mes discussions côté ChatGPT, je l'ai interrogé ces dernières semaines sur :
Un voyant qui s'est allumé sur mon van et sur la pièce à changer selon mon garagiste.
Je ne comprends rien à ces sujets.
Notre échange m'a tranquillisée lors de l'allumage du voyant car nous étions en vacances à l'étranger et m’a permis également de poser les bonnes questions au garagiste.
Je suis les dosages de ma piscine tous les trois jours, avec une photo du test et il me conseille sur les dosages et ajustements à faire de chlore (celui stabilisé ou non), de chaussettes de floculant, ou de bicarbonate de soude.
Ce sujet me dépasse.
J'ai peur quand j'utilise ces produits car certains ne doivent pas rentrer en contact avec d'autres (risque d’explosion), je ne sais pas bien calculer les volumes.
Cette conversation me sauve.
Il y a bien sûr le suivi de mes pannes d'électroménager.
Plus besoin de retrouver la notice.
Le code d'erreur ou voyant est tout de suite expliqué, avec plusieurs procédures.
Pareil, ça m'a sauvée plusieurs fois.
Un petit calcul de rentabilité au débotté sur le passage en laverie ou le lavage chez moi, avec mesure également du gain en temps, pour réfléchir à ma stratégie à venir sur le linge.
Le classique : réponses personnalisées aux avis clients, remaniement d'un message en langue étrangère pour un touriste. tous les jours.
Des recettes et conseils d'utilisation pour mon nouveau air fryer.
Un suivi pour la santé de mon chien, qui a du mal avec la chaleur.
Un de mes petits plaisirs : prendre un insecte en photo et poser des questions sur lui.
Et j'en passe.
Au-delà de la qualité des réponses, je parle directement, ce qui me fait gagner un temps fou. C'est fluide, facile et aidant.
(D’ailleurs la suite de mes explorations est de mieux utiliser les outils IA quand ils sont intégrés dans des outils que j’utilise au quotidien. Par exemple, j’utilise Kortex pour écrire et stocker tous mes textes. Et je me suis penchée sur leur outil IA qu’hier. Comment dire ? … j’ai perdu du temps de ne pas l’avoir fait plus tôt).
Pour ceux qui hésitent encore avec l'IA : commencez petit, testez sur vos problèmes du quotidien, et vous découvrirez probablement comme moi qu'elle peut devenir un outil précieux sans remplacer votre intelligence.
Ps : après avoir écrit cet article, j’ai lu celui-ci de Avinash Kaushik qui l’explique bien mieux que moi avec ce framework :
La libération de programmer à l'avance
Dans ce démarrage de saison, il y a eu pour la première fois des vacances.
Nous sommes partis trois semaines en avril-mai.
Une folie bien agréable.
Et j'ai pour l'occasion programmé tous mes articles Substack en avance.
Bien m'en a pris, puisque j'ai découvert la libération mentale que cela a générée dans mon cerveau.
J'ai réitéré en juin, où j'ai tout validé et programmé en début de mois.
Ce qui m'a amenée à un détachement et une sérénité.
J'ai eu tendance sur ce début d'année à avoir beaucoup d'idées, et donc pas mal d'ébauches d'articles.
Je me force maintenant à me poser un ou deux jours pour les terminer, et à les programmer.
Mon cerveau n'aime pas cette dernière partie, j'ai tendance à me dire que c'est bon, je le ferai plus tard.
Mais non, il faut aboutir.
Mon principe de finitude en action.
Exercice pour vous : identifiez une tâche récurrente que vous remettez toujours à "plus tard" et forcez-vous à la terminer complètement la prochaine fois que vous la commencez. Vous découvrirez probablement le même effet libérateur.
J'ai eu du coup du temps pour mieux définir ce que j'apporte via mon mentorat et depuis quelques semaines, je reprends mes articles ressources pour les classifier et en améliorer certaines.
J'en publie deux par mois, et après un an, je ne savais plus ce que j'avais traité.
Cela me donne de la clarté pour mes prochains articles, même si je reste en interrogation sur la pertinence de publier du contenu "neuf" en juillet-août.
Je vois sur Substack une baisse de lecture forte les week-ends, les ponts et vacances scolaires. Je ne sais pas quoi penser des deux mois à venir.
Vu que cela coïncide aussi avec les deux derniers mois de la saison, avec une énergie down, il est possible que j'allège cette charge, avec des articles plus courts.
Je ne sais pas encore ce que je vais faire au moment où j'écris ces lignes, suspense.
Et vous dans tout ça ?
Si ces réflexions vous parlent, si vous aussi vous vous posez des questions sur l'équilibre entre vos différentes activités professionnelles, ou si vous cherchez à mieux intégrer l'IA dans votre quotidien sans perdre votre humanité, vous êtes au bon endroit.
Dans mes prochains articles, je continue à partager mes expérimentations, mes erreurs et mes découvertes.
Parce qu'au final, construire sa constellation professionnelle, c'est un chemin qu'on parcourt ensemble, pas en solitaire.
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À bientôt ?
Tiffany
PS: J'ai expliqué la semaine dernière la croyance toxique de la carrière principale unique.
PSS: J’écris sur Notes mes nouvelles idées.


