Le 6ème principe de la constellation : créer de la valeur réelle
Au-delà de la justification économique
J'ai écouté un podcast qui a déclenché une réflexion que je rumine depuis des semaines.
L'investisseur expliquait comment il avait "créé de la valeur économique" à travers ses différentes activités : investissement immobilier, podcasting, coaching, formations en ligne.
Son argument ? Chaque euro qu'il gagne contribue mécaniquement à l'économie française. Taxes foncières, frais de notaire, TVA, salaires des artisans qui rénovent ses biens...
Moi aussi, je me raconte cette histoire.
Moi aussi, je justifie mes activités par leur "création de valeur".
Mais est-ce vraiment si simple ?
Ma stagiaire et moi nous préparons pour partir 10 jours en van, dans le sud de la France (s’il fait beau). J’ai embauché une personne pour déléguer toute la gestion quotidienne des gîtes (ouf x10 000) et je passe des heures avec elle.
D’où mon peu de notes publiées ces dernières semaines. Très grande hâte que tout soit bien en place et de revenir reposée en octobre. Je vous partagerai cela dans un nouvel épisode de podcast qui clôturera ma saison 1.
Dans ma constellation professionnelle, j'ai toujours pensé que mes activités créaient de la valeur :
Newsletter et mentorat : Création pure, j'aide les gens à s'orienter professionnellement
Gîtes touristiques : J'améliore l'offre d'hébergement, je fais travailler les artisans locaux, j'emploie du personnel pour l'entretien, les touristes visitent des monuments et consomment local (supermarchés, restaurants).
Investissement immobilier : J'optimise le marché du logement, je rénove systématiquement, je loue à un prix raisonnable pour que mes locataires restent.
Narrative parfaite, non ?
Sauf qu'en y regardant de plus près, la frontière entre "créer" et "capter" de la valeur est bien plus floue que ça.
Prenons l'immobilier, puisque c'est ce qui a déclenché ma réflexion.
Version "création de valeur" :
J'achète un appartement mal entretenu
Je le rénove entièrement avec des artisans locaux
Je le remets en location avec une gestion professionnelle
Je paie mes taxes, j'entretiens régulièrement
Version "captation de valeur" :
J'achète un bien déjà correct
Je ne fais aucun travail d'amélioration
Je gère au minimum, j'évite les investissements
Je revends plus cher quelques années après sans avoir rien apporté (cas des zones où le prix de l'immobilier grimpe chaque année car pénurie)
Même activité. Impact économique opposé.
La différence ? L'effort que j'investis dans l'amélioration réelle du bien.
Parlons maintenant de ma newsletter.
Pendant longtemps, je me suis dit que créer du contenu, c'était forcément créer de la valeur. Après tout, j'aide mes lecteurs, je partage mon expérience, je transmets des méthodes...
Mais récemment, je me suis demandée si poster seulement sur Substack n'était pas trop limité. J'ai regardé mes articles existants et je me suis dit : "Je pourrais facilement transformer chaque article en 10 posts pour les réseaux sociaux. Utiliser des outils d'automatisation pour publier partout. Toucher plus de monde."
Puis j'ai réalisé l'absurdité de cette logique.
Transformer un contenu réfléchi → en fragments optimisés pour l'engagement
Publier via des outils automatisés → sans vraie interaction humaine
Chasser les followers → au lieu de servir mes vrais lecteurs
J'étais sur le point de passer de créatrice de contenu à captatrice d'attention.
(mon propos n'est pas de dire que c'est "mal" de faire ainsi, mais juste de mettre en lumière par cet exemple la différence entre créer et capter).
(et peut-être qu’un jour je le ferai. Je n’en sais rien.)
Et puis, même dans un emploi salarié, crée-t-on vraiment de la valeur ?
Quand j'étais directrice dans une startup, je gagnais bien ma vie. Selon la logique classique, puisque j'étais payée, je créais forcément de la valeur (a minima mon salaire).
Mais si le produit qu'on développait ne trouvait jamais son marché ? Si nos fonctionnalités n'étaient jamais utilisées ? Si notre entreprise ne contribuait pas vraiment à améliorer la vie de qui que ce soit ?
Est-ce que je créais de la valeur... ou est-ce que je captais une part du gâteau sans rien y ajouter de substantiel ?
Cette question m'a beaucoup dérangé il y a quelques années car ma start-up n'était pas rentable. Cela remettait en question ma définition du "travail utile".
PS : pour les nouvelles et nouveaux arrivant.e.s
Vous êtes nombreux.se.s à vous inscrire à ma newsletter. Je ne sais pas bien ce qui vous amène, mais vous restez. Peut-être parce que j'écris sans filtre et que j'avoue mes galères autant que mes réussites.
Je suis pleine de contradictions : j'ai quitté un CDI pour créer ma liberté mais j'ai encore du mal à respecter mes cycles d'énergie. J'ai théorisé la finitude et je continue parfois à me surcharger.
Ces quatre dernières années m'ont appris énormément sur la transition vers une constellation professionnelle équilibrée. C'est cette expérience que je partage ici et que j'accompagne en mentorat.
Mon but n'est pas de vous vendre du rêve, mais de vous partager mes essais-erreurs en temps réel pour que vous puissiez construire votre propre chemin. Autrement dit, que nous vivions nos vies uniques et singulières tout en étant en contact parfois.
Alors bienvenue !
Et donc me voici avec mes réflexions. Et j’en ai tiré des questions que je me pose maintenant pour chacune de mes activités :
1 - Cette activité résout-elle un vrai problème ?
Mes gîtes offrent-ils vraiment une expérience unique aux voyageurs ?
Mon mentorat aide-t-il concrètement mes clients à avancer ?
2 - Mon intervention ajoute-t-elle quelque chose d'unique ?
Est-ce que je dis des choses qu'on ne peut lire nulle part ailleurs ?
Est-ce que mes rénovations améliorent vraiment l'habitat ?
3 - Le monde serait-il moins bien si cette activité n'existait pas ?
Question brutale, peut-être naïve aussi mais nécessaire
Et réponse souvent révélatrice
4 - Est-ce que j’assume les "externalités" négatives ?
L'empreinte écologique de ma newsletter numérique
L'impact social de mes choix d'investissement (location “classique” versus location touristique)
Ce qui me rassure, c'est que le “marché” finit par faire le tri naturellement.
Si mes articles n'apportaient rien, personne ne les lirait. Si mes gîtes étaient mal entretenus, les réservations s'arrêteraient. Si mon mentorat était inutile, les clients ne reviendraient pas.
L'autorégulation par l'offre et la demande reste le meilleur indicateur (dans une certaine limite) : quand on essaie de capter de la valeur sans en créer, ça finit par se voir (enfin j’espère).
C'est d'ailleurs pour ça que je reste sur Substack avec mes lecteurs engagés plutôt que de partir à la chasse aux followers sur Instagram.
Cette réflexion ne doit pas devenir un exercice de justification.
Tous mes investissements immobiliers ne créent pas la même valeur. Certaines de mes activités sont plus "créatrices" que d'autres.
L'enjeu n'est pas d'avoir une constellation parfaitement "pure". C'est d'être lucide sur ce qu'on fait vraiment et de tendre vers plus de création que de captation.
Si vous construisez votre propre constellation professionnelle, je vous propose d'ajouter ce critère à votre réflexion :
Pour chaque étoile de votre constellation, demandez-vous :
Cette activité crée-t-elle quelque chose de nouveau ou améliore-t-elle l'existant ?
Mon intervention humaine ajoute-t-elle une valeur unique ?
Comment puis-je mesurer concrètement l'impact positif de cette activité ?
Quelles sont les externalités négatives que je crée et comment les minimiser ?
Concrètement, cette réflexion a changé mes choix :
J'ai abandonné l'idée de démultiplier mon contenu sur tous les réseaux sociaux. Trop de risque de basculer dans la captation d'attention.
J'ai renforcé l'aspect qualitatif de mes gîtes. Plutôt que d'en acquérir de nouveaux, j'améliore l'expérience des existants.
J'ai précisé mon offre de mentorat pour être sûre d'apporter une vraie valeur différenciante.
J'ai accepté que certaines de mes activités créent plus de valeur que d'autres. L'important c'est l'équilibre global.
Et pour finir, un petit exercice pratique : auditez votre propre impact
Choisissez une de vos activités professionnelles actuelles et posez-vous ces questions :
Si cette activité disparaissait demain, qui s'en apercevrait concrètement ?
Qu'est-ce qui serait différent dans le monde sans votre contribution ?
Comment pourriez-vous transformer cette activité pour créer plus de valeur ?
Soyez honnête. C'est inconfortable, mais libérateur.
Au final, cette distinction entre créer et capter pourrait devenir un sixième principe de la constellation professionnelle, aux côtés de :
La synergie entre activités
L'auto-consolidation mutuelle
L'alignement avec l'Ikigaï inversé
Les temporalités équilibrées
Les rentabilités complémentaires
+ La création de valeur économique réelle
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Mon mentorat individuel vous aide à créer votre propre constellation d’activités - équilibrée, rentable et alignée avec vos valeurs - en vous appuyant sur mon expérience concrète.
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Si cette approche de gestion d'énergie et d'acceptation des cycles vous intéresse, je développe ces concepts dans mes articles Ressources payants sur la construction d'une constellation professionnelle durable.
Une expérience à partager ?
Et vous, quelle part de votre travail actuel crée-t-elle vraiment de la valeur ? Comment distinguez-vous création et captation dans vos activités ? Partagez le en commentaire.
À bientôt ?
Tiffany
PS: J'ai partagé la semaine dernière pourquoi j’abandonnais temporairement certains projets.
PSS: J’écris sur Notes mes nouvelles idées.


