#123 Ikigaï inversé : trouver sa voie en partant de ce qu'on refuse
Vous ne savez pas ce que vous voulez ? Commencez par ce que vous refusez.
En 2021, j’ai quitté 20 ans de salariat sans savoir où j’allais.
Ce n’était pas un manque de courage. Ce n’était pas non plus un manque de réflexion. J’avais passé des mois à chercher ma “passion”, à remplir des tableaux, à me demander ce que je voulais vraiment faire de ma vie.
Résultat : rien.
J’avais des pistes : j’aime créer des activités, j’aime l’investissement en immobilier, j’aime travailler à deux ou trois sur des problématiques entreprenariales.
Mais cela restait trop vague. Me consacrer à du coaching en investissement immobilier ? Aider des fondateurs de startup dans le domaine des fintech ? Ne faire que du tourisme en développant une marque locale forte ?
Un peu de oui mais pas de grand OUI dans ma tête.
Le problème, et je l’ai compris plus tard, est que je posais les mauvaises questions.
“Qu’est-ce que tu veux faire ?” suppose que tu le sais déjà.
Que quelque part en toi, la réponse attend juste d’être découverte. Que si tu creuses assez, tu trouveras une vocation claire, une direction évidente.
Ce n’est pas comme ça que ça marche. Pas pour moi en tout cas.
Ce que je savais très bien, par contre, (et avec une précision presque douloureuse) c’est ce que je ne voulais plus. Les réunions sans ordre du jour qui durent une heure. Les trajets quotidiens dans les transports. Les guerres de territoire entre managers. Le management d’une équipe. Les objectifs fixés en janvier déjà obsolètes en mars. L’impression d’être enchainée à mon bureau, à un seul métier.
Cette liste, je l’avais en tête sans jamais l’avoir formalisée.
Et c’est elle qui m’a guidée pour arriver à ma constellation professionnelle actuelle, qui me satisfait et qui continue à évoluer grâce à cette liste de refus.
Il y a une expérience qui remonte souvent quand j’y pense. J’avais 23 ans, je travaillais comme ambassadrice pour la bière Guinness (job improbable pour moi qui ne boit pas et qui n’aime pas le relationnel « small talk »). Bref. Je devais démarcher des distributeurs avec des consignes floues sur les promotions et les primes. Des hommes avec de fortes personnalités, pas méchants, mais très démonstratifs… Et moi qui rentrais trop souvent chez moi en pleurant après des rendez-vous difficiles.
Ce n’était pas un échec professionnel. C’était une information.
Je ne voulais pas d’un travail qui me fasse pleurer. Je ne voulais pas de commercial pas clair. Je ne voulais pas de cette forme de relation client.
Ces refus, formulés à 23 ans, je les retrouve intacts aujourd’hui. Ils n’ont pas changé. Ils se sont précisés, affinés, mais leur fond est resté identique.
C’est ça qui m’a frappée quand j’ai commencé à travailler sur cette méthode de l’ikigaï inversé : mes envies ont beaucoup évolué en 20 ans. Mes refus, eux, sont restés remarquablement stables.
Une envie est une hypothèse.
“J’aime peut-être le design graphique.”
“Je serais peut-être bon dans la formation.”
“Je pourrais peut-être vivre de l’écriture.”
Un refus est une certitude.
Il s’appuie sur une expérience vécue, une sensation physique, une mémoire. Il ne change pas selon les humeurs ou les opportunités qui se présentent.
Le problème des méthodes classiques de type Ikigaï est qu’elles partent d’hypothèses. Elles te demandent de te projeter dans un futur inconnu. Et si en plus tu es en plein milieu d’une transition, tu seras bien incapable de répondre à ces questions.
Une note en plus : l’Ikigaï intègre aussi la notion de ce que le monde veut et aujourd’hui avec l’essor de l’IA et autres changements brutaux, difficile d’y voir clair.
Partir des refus, c’est partir de ce que tu sais déjà.
Ce n’est pas une méthode de rêves. C’est une méthode de réalités.
Depuis 2019, j’ai pris des dizaines de décisions qui auraient pu mal tourner. Des opportunités qui semblaient bonnes sur le papier. Des propositions bien payées. Des associations intéressantes sur certains points.
Ce qui m’a protégée à chaque fois, ce n’est pas une vision du futur. C’est ma liste de refus clairs.
Quand une opportunité viole un refus absolu, la décision est déjà prise. Je n’ai pas besoin de peser le pour et le contre pendant des semaines. Je n’ai pas besoin d’en parler à dix personnes. Je n’ai pas besoin de simuler des scénarios.
La réponse existe avant même que la question se pose. Ce n’est pas pour moi.
Ça paraît simple dit comme ça. Ça l’est, à condition d’avoir fait le travail en amont, à savoir :
Avoir identifié ses refus,
Les hiérarchiser correctement,
Distinguer les simples préférences des lignes rouges absolues parmi eux,
Et formuler les plus importants comme des engagements fermes plutôt que des intentions.
C’est exactement ce que j’aurais voulu avoir formalisé en 2021 au moment de mon grand saut.
Ça fait deux ans que je construis cette méthode de l’ikigaï inversé. Pas comme un exercice théorique, mais comme une retranscription fidèle de ce que j’ai appliqué à ma propre trajectoire. Je l’utilise dans ma première séance avec mes mentorés pour clarifier ce que la personne refuse vraiment.
Aujourd’hui, c’est disponible pour tous.
19€. Un template Notion avec 25 questions guidées pour identifier tes 5 lignes rouges, les transformer en opposés constructifs, et formuler des serments pour les plus absolus. Un template de décision à dupliquer à chaque opportunité importante.
Ce n’est pas un outil pour trouver ta passion.
Ce n’est pas une promesse de reconversion clé en main.
C’est un filtre. Un filtre que tu construis une fois et que tu utilises à chaque carrefour décisionnel.
Si tu es au milieu d’une transition et que tu ne sais pas encore vers quoi tu vas, c’est probablement le bon point de départ. Savoir ce que tu refuses de reconstruire, c’est souvent plus utile que d’imaginer ce que tu veux créer.
Une question ? N’hésitez pas à la poser en commentaire,
à bientôt ?
Tiffany

