J'ai quitté le salariat et je me suis épuisée autrement
Les automatismes du "bon élève" que j'ai dû désapprendre pour arrêter de me cramer.
2023.
J’avais enfin quitté le salariat.
J’avais ma liberté, mes projets, ma constellation professionnelle naissante.
Mais j’étais en train de me cramer, encore une fois.
Cette fois, ce n’était plus mental comme au bureau. C’était physique.
Voici comment j’ai appris à modérer ma propre révolution (…dans la douleur).
Dans mon article précédent, je vous ai expliqué comment j’avais accepté la fin de ma carrière traditionnelle.
Le passage à l’acte s’est fait assez naturellement.
J’ai quitté mon CDI et j’ai eu la chance de bénéficier du chômage pour création d’entreprise.
Deux ans de filet de sécurité. Un revenu moindre que ce que je gagnais avant, mais un revenu quand même.
En parallèle, nous avons déménagé en province.
Et là, révélation : tout ralentit, tout est plus simple. Les gens sont plus sympas. Tout fonctionne mieux.
Pour moi qui étais en sous-régime mental, ça m’a fait un bien fou.
Sauf que...
PS : pour les nouvelles et nouveaux arrivant.e.s
Je suis pleine de contradictions : j’ai quitté un CDI pour créer ma liberté mais j’ai encore du mal à respecter mes cycles d’énergie. J’ai théorisé la finitude et je continue parfois à me surcharger. C’est cette réalité brute que je partage ici.
Mon but n’est pas de vous vendre du rêve, mais de vous partager mes essais-erreurs en temps réel. Cinq ans de transition vers une constellation professionnelle équilibrée, avec les galères autant que les réussites. Bienvenue.
Comme d’habitude, j’ai fait tout le pied au plancher.
Coaching en investissement immobilier.
Aide à une start-up dans le monde du paiement.
Investissements avec mes parents.
Investissements financiers à monitorer.
Gestion de nos biens immobiliers.
Lancement de nouveaux gîtes sous une marque ombrelle.
C’était un moment charnière où j’ai beaucoup fonctionné à l’instinct.
Et j’en ai trop fait.
J’avais quitté le salariat parce que mentalement, mon équilibre en souffrait.
Mais physiquement, aller au bureau, m’asseoir derrière une chaise, ça allait très bien.
Là, c’était l’inverse.
Mentalement, j’allais bien. J’aimais ce que je faisais. J’avais le sentiment de construire quelque chose de cohérent.
Mais physiquement ? J’étais épuisée.
Les lumbagos se multipliaient. J’étais fatiguée en permanence sans comprendre pourquoi.
Gérer des biens immobiliers, des travaux, des locations, des gîtes... c’est un autre monde physique que le bureau.
Trop peu de vacances pendant ces cinq premières années.
Toujours un gîte en lancement, un investissement en cours, la saison touristique qui démarrait...
J’avais du mal à me dire : “Stop, là je m’arrête.”
Je me suis retrouvée dans une situation paradoxale.
J’avais quitté le salariat pour plus de liberté et j’étais en train de me recréer des contraintes.
Où était la libération promise ?
Quand mon chômage s’est arrêté, j’ai commencé à me payer et là, nouvelle prise de conscience.
La partie gîtes génèrent beaucoup de flux d’argent. Mais aussi beaucoup de flux qui sortent.
C’est une entreprise avec un gros besoin de trésorerie pour absorber la basse saison.
Donc le bilan était un peu amer : j’étais bien mentalement mais épuisée physiquement ET je gagnais moins qu’avant.
Certes, je construisais un patrimoine futur via cet immobilier qui se rembourse chaque mois sans mettre de ma poche et ma retraite était assurée.
Mais dans le quotidien immédiat ? Certains mois en hiver étaient limites.
C’est là que j’ai pris du recul.
Je me suis autorisée à accepter de ne rien faire parfois pour pouvoir y réfléchir.
Je pense qu’il y a vraiment un cadre à dynamiter quand on a été tellement d’années dans le salariat. Travailler du lundi au vendredi, le repos encadré le week-end...
Rester au lit un mardi matin parce qu’on est fatigué ? Impossible. J’avais des blocages ancrés dans mon cerveau.
Ces automatismes du “bon élève” que j’ai dû désapprendre.
Et c’est à partir de ce moment-là que l’écriture m’a aidée.
Cette newsletter m’a permis de poser mes sujets, de revenir devant un ordinateur à un bureau, sur de la création et de la réfléxion.
Car, si je dois regarder ma carrière et dire la chose que j’ai le plus aimé, c’était de créer des choses (application, service, process).
Cet aspect de création, de partir de zéro, où quasi tout est possible.
Sur cette dimension newsletter, j’ai adoré voir ma pensée se construire.
Plus de cent articles publiés maintenant. Des thèmes récurrents. J’ai posé des concepts comme l’ikigaï inversé ou la finitude.
Et surtout, je me suis posé des limites (un article par semaine et deux payants par mois, pas plus).
Paradoxalement, alors que je pense que c’est clé, je n’ai pas été coachée sur ces dernières années.
L’écriture était devenue mon outil de réflexion et de structuration.
Mon coaching personnel, en quelque sorte.
Et aujourd’hui, j’ai le sentiment d’avoir trouvé un équilibre.
Un équilibre précaire que j’accepte et assume.
Ma partie gîtes ? On est à la merci de décisions politiques. Ça fait des années que je me dis que ça va s’arrêter un jour, pas de mon fait mais suite à une décision politique (réglementations accrues ou impôts et taxes en plus).
J’ai déjà accepté ça. C’est rentré dans ma tête.
Et ça me libère pour construire d’autres choses pour ce jour qui arrivera.
J’ai plein d’idées. Et j’ai l’impression que je m’autorise à faire ce que je ne m’autorisais pas avant.
Je ne sais pas pourquoi je me bridais autant.
Peut-être les restes du “bon élève”. Peut-être la peur de l’échec. Peut-être le syndrôme de l’imposteur.
Mais maintenant, je m’autorise plus.
Cette période m’a appris des choses essentielles :
La liberté peut être toxique si on n’apprend pas à se poser des limites
Le changement de contraintes ne suffit pas si on recrée les mêmes mécanismes ailleurs
L’équilibre mental et physique ne vont pas forcément de pair
L’écriture comme outil de réflexion peut remplacer le coaching externe
L’acceptation de la précarité peut être plus libératrice que la recherche de sécurité absolue
Si vous êtes en transition ou déjà dans votre constellation :
Étape 1 : Listez toutes vos activités actuelles (même les petites)
Étape 2 : Pour chacune, notez l’impact sur votre énergie physique et mentale
Étape 3 : Identifiez les activités qui vous épuisent sans vous nourrir
Étape 4 : Posez-vous la question : “Qu’est-ce que je ne m’autorise pas à arrêter ?”
Étape 5 : Choisissez UNE chose à lâcher cette semaine
Parfois, soustraire est plus puissant qu’additionner.
Cette période difficile a été cruciale.
Elle m’a appris que ma constellation professionnelle n’était pas un modèle parfait à atteindre, mais un équilibre mouvant à ajuster en permanence.
Que l’excès fait partie du processus d’apprentissage (et de mon caractère).
Si vous êtes dans une phase de transition intense, voici votre permission : vous avez le droit de ralentir. Vous avez le droit de ne pas optimiser chaque minute de votre nouvelle liberté. Vous avez le droit de tâtonner, de vous tromper, de recommencer.
Besoin d’un accompagnement personnalisé ?
Mon mentorat individuel vous aide à développer votre propre constellation d’activités - équilibrée, rentable et alignée avec vos valeurs - en vous appuyant sur mon expérience concrète. Echangeons. En 20 minutes, nous pouvons identifier vos blocages actuels et déterminer si je suis la bonne personne pour vous accompagner.
Je vais vous raconter la semaine prochaine ce moment ou j’ai compris que je n’avais plus plusieurs activités, mais une constellation.
J’en parle dans mon prochain article, avant de partir en congés pour les fêtes de fin d’année.
À bientôt ?
Tiffany
PS: Vous pouvez lire ici le jour où j’ai compris que ma “carrière” était finie et en nouvelle ressource pourquoi votre constellation a besoin d’un ordre.
PSS: J’écris sur Notes mes nouvelles idées et chaque lundi le bilan de la semaine passée.


Tellement d’accord avec ce que vous partagez :) Difficile en effet de se défaire des automatismes acquis pendant le salariat, notamment cette pression qu’on avait, et qu’on intériorise, à rentabiliser nos actions et nos journées bien remplies ; ces horaires aussi du lundi matin au vendredi après-midi. Effectivement, la discipline et le recul régulier sont clés. Quant à l’écriture comme thérapie, c’est en effet une très bonne idée de rituel que vous avez mis en place… Ça me fait tout de suite penser à ce livre de Julia Cameron « Libère ta créativité », un best-seller américain qui conseille de ritualiser 3 pages d’écriture tous les matins… 🖋️
Merci encore pour tous vos précieux partages, exercices et conseils 🙏🏻
Toujours une belle source de sagesse et d’inspiration ✨