Cette semaine, je vais vous parler de mon travail sur le titre et le sous-titre de mon manuscrit, car j’ai lu la semaine dernière la dernière édition de la newsletter de Maud Alavès, justement consacrée aux titres. Elle a analysé plus de 200 de ses éditions pour savoir lesquelles avaient été les plus ouvertes, et elle en a tiré cinq règles.
Je vous en conseille la lecture si ce sujet vous intéresse.
Sa première règle m’a fait relire mon propre sous-titre, car « un titre doit être clair, pas malin ».
À ce moment-là, mon livre s’appelait « Plus jamais un seul métier », avec en sous-titre « Le manifeste de la constellation professionnelle ». J’avais choisi ce sous-titre en préparant une lettre d’intention pour les éditeurs (jamais envoyée puisque j’ai choisi l’auto-édition mais c’était un bon exercice). Je l’avais choisi (le sous-titre) car il mettait en avant ce que je voulais (dé)montrer : un manifeste, une méthode, un modèle avec un nom.
En relisant Maud, je me suis demandé s’il était assez clair et assez incitatif pour quelqu’un qui ne me connaît pas. La réponse était évidemment non, puisque le nom de Constellation Professionnelle n’est connu de quasiment personne (sauf de vous, merci de me lire d’ailleurs ♥ ).
La constellation professionnelle est un concept qui décrit parfaitement ma façon de travailler depuis ma démission en 2021. Des activités distinctes, reliées entre elles, qui se renforcent au lieu de se concurrencer. Il existe des mots proches : slasheur, portfolio carrière, side business. Mais je ne me retrouvais dans aucun, donc j’ai choisi un autre terme, inconnu aux bataillons.
Mais ce choix n’est pas sans conséquence. Personne ne tape dans une barre de recherche un mot qui n’existe pas encore. Maud cite Nicolas Cole, qui demande à un titre de répondre à trois questions : de quoi ça parle, pour qui, et avec quelle promesse. Mon sous-titre répondait à la première, à condition de connaître déjà le terme. Pour les deux autres, pas du tout. Dans les chiffres de Maud, parmi ses titres les moins ouverts, on trouve d’ailleurs « Le dilemme des slashers ». Le mot est pourtant bien plus connu que le mien, et il floppe.
Pour celles et ceux qui me découvrent : je suis Tiffany. Plusieurs métiers, aucun patron depuis 2021, et une théorie selon laquelle on peut construire une constellation professionnelle plutôt que choisir un seul métier. J’écris ici chaque semaine depuis 2024 pour raconter comment ça marche (ou pas). Tu peux t’abonner juste en dessous, c’est gratuit.
En reprenant mes notes, j’ai vu que ce n’était pas ma première hésitation. Mon livre a déjà eu deux sous-titres.
- « Vous n’étiez pas dispersé. Vous étiez en avance : construire sa constellation professionnelle à l’ère de l’IA » (je voulais retourner la vision négative de la dispersion).
- « Le manifeste de la constellation professionnelle » (je voulais mettre en avant la méthode et le nom du concept)
- et depuis hier, « Mener plusieurs activités sans s’épuiser ni se disperser » (je veux être comprise d’une personne qui ne me connait pas)
Le titre, lui, n’a jamais bougé. « Plus jamais un seul métier » a toujours été pour moi une évidence. C’est le sous-titre qui porte toute la difficulté, parce que c’est lui qui doit expliquer un sujet que personne n’a encore entendu nommer.
Le premier sous-titre voulait dire autre chose : vous avez toujours eu envie de faire plusieurs choses, et vous en avez enfin le droit. Le deuxième voulait affirmer la méthode. Le troisième accepte de passer par des mots bien plus concrets.
Quand j’ai préparé la lettre aux potentiels éditeurs, j’avais mis de côté un pitch que je trouvais un peu facile : il parlait de dispersion et d’épuisement. Ce week-end encore, en relisant un premier jet de la 4e de couverture, j’ai trouvé la partie sur l’épuisement trop facile. Dire qu’avoir plusieurs activités peut vous épuiser est plus qu’une évidence. Et ce n’est pas mon histoire.
Mon sujet est l’ennui. Vingt ans de corporate, six métiers enchaînés, et un ennui qui revenait trop souvent. Puis, une fois mes propres activités lancées, les gîtes ont trouvé leur routine et l’ennui est revenu, chaque hiver. Cette fois, personne ne pouvait me proposer une promotion pour le faire taire.
Et pourtant, le sous-titre que j’ai retenu contient les deux mots que j’avais écartés : s’épuiser et se disperser. Et je ne pense plus que ce soit une mauvaise idée.
Car il faut les mots du lecteur sur la couverture. Ceux qu’il emploie quand il pense à son problème, avant même de savoir que j’existe.
Au dos, il y a de la place pour les miens. Ma 4e de couverture raconte mon ennui, et le mot constellation n’arrive qu’au milieu, en conséquence de mon histoire. Le concept n’est pas la porte d’entrée, puisqu’elle est inconnue de tous. Il faut être rentré pour découvrir ce que c’est.
La couverture m’a posé le même problème, cette fois en image. Je voulais montrer une constellation sans écrire le mot. Et je ne voulais pas d’étoiles ou de ciel, car ce n’est pas ma DA et cela ressemblerait à un livre sur l’astrologie.
J’ai produit une quarantaine de versions de couverture sur les deux derniers jours. Maud rapporte que BuzzFeed demande à ses rédacteurs d’écrire 30 versions d’un titre, parce que la première est rarement la bonne. J’ai appliqué la règle à ma couverture.
Je suis partie de quatre pistes inspirées des best-sellers américains du moment. J’ai gardé des briques de couleur reliées par un tracé noir, qui dessinent une constellation sans la nommer. Chaque version corrigeait la précédente. Des briques en couleurs moins vives. Un sous-titre de plus en plus visible. « Plus jamais » posé comme une étiquette noire collée en travers du titre, avec une ombre pour le relief. J’ai voulu un effet tampon, je l’ai testé, puis abandonné : ça ne fonctionnait pas.
Vous avez des visuels de mes essais dans ma note de la semaine, tout en bas de cet article.
J’ai voulu aussi tester l’aperçu en vignette. Sur Amazon (là où il sera), on découvre un livre en tout petit. À cette taille, personne ne lit la 4e de couverture. On voit un titre, une couleur, une forme. Si le titre ne tient pas seul, le concept ne sera jamais découvert.
À la dernière étape, j’ai changé de couleur. L’orange rouge, que j’avais gardé pendant presque tout le travail, a laissé la place à un jaune aux briques couleur miel. En vignette, le jaune était la seule couleur à rivaliser avec l’orange, et l’étiquette noire y ressort encore mieux. Et j’ai toujours eu en tête que le livre serait dans un jaune vif. Satisfaction de voir ce souhait se réaliser.
Ce que je retiens après ces deux jours est un retour aux basiques : puisque je parle d’un sujet que personne ne connaît, je ne dois pas commencer par lui. Je dois me concentrer sur ce que mon lecteur vit déjà, avec ses mots, et le concept ne sera qu’une proposition de réponse.
Pour aller plus loin
Vous voulez passer à l’action avec mes outils ?
L’Ikigaï inversé pour identifier ce que vous refusez dans votre vie professionnelle. Point de départ quand on ne sait pas encore par où commencer. Le Révélateur pour cartographier votre constellation en 50 questions. Étape suivante quand vous savez ce que vous ne voulez plus.
Vous voulez approfondir avec mes archives et ressources ? J’ai créé des ressources avec mes méthodes concrètes, mes chiffres réels et les exercices que j’utilise en mentorat.
Vous voulez un accompagnement personnalisé ? Je propose du mentorat individuel pour construire et améliorer votre constellation.
à bientôt ?
Tiffany
PS : Vous pouvez (re)découvrir ici mon histoire et ce que j’appelle ma constellation professionnelle. J’écris aussi des articles sur un blog. Je publie sur Notes mes pensées du moment et chaque lundi le bilan de la semaine passée.



