Six saisons de gîtes, un seul conseil : déléguez immédiatement
Carnet de bord d'une erreur que j'ai mis trop longtemps à corriger
Hier, j'ai déposé mon père et mon conjoint pour leur descente en canoë-kayak sur la Loire.
En passant vérifier l'appartement libéré la veille, j'ai croisé le mari de notre responsable ménage. On s'est parlé de la saison qui touche à sa fin.
Lui aussi fatigue, mais ça se passe bien.
C'est vrai que juillet en gestion de gîtes, c'est particulier. Le chiffre d'affaires rentre, les voyageurs sont contents, il fait beau. Mais on travaille comme des fous et la notion de week-end disparaît.
Si je regarde ce mois de juillet 2025, c'est pourtant le plus facile de mes six saisons.
Et je pense pourtant que c'est ma dernière dans cette configuration.
Je suis moins fatiguée qu'avant, mais incapable de faire autre chose que gérer mes gîtes.
La partie écriture d'articles tourne bien, car j'ai mis en place un système qui me porte (idées en avance, articles déjà écrits, programmation d'un mois entier). Mais c'est la seule chose que j'arrive à maintenir à côté. Tout le reste attend l'automne.
Dès que je peux ne pas travailler, je suis allongée sur le transat du jardin, dans le hamac, ou partie en van.
Au début, ça me frustrait. Puis j'ai compris.
En créant une ébauche d'espace sur Notion pour mieux gérer ma constellation professionnelle, j'ai découvert une distinction entre mes tâches : il y en a deux types.
Les tâches "running" : gestion pure. Elles sont là, elles doivent être faites. Point.
Les tâches de "création" : développement, amélioration, projets nouveaux.
Je savais déjà que je ne peux avoir que 2-3 tâches de création maximum par trimestre.
Pas plus. Et c'est déjà énorme.
Mais en été, je ne peux pas les mener à bout. Elles existent et j'accomplis parfois des choses les concernant. Mais elles ont plus dans un état de végétation que d'avancement.
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Je suis pleine de contradictions : j'ai quitté un CDI pour créer ma liberté mais j'ai encore du mal à respecter mes cycles d'énergie. J'ai théorisé la finitude et je continue parfois à me surcharger.
Ces quatre dernières années m'ont appris énormément sur la transition vers une constellation professionnelle équilibrée. C'est cette expérience que je partage ici et que j'accompagne en mentorat.
Mon but n'est pas de vous vendre du rêve, mais de vous partager mes essais-erreurs en temps réel pour que vous puissiez construire votre propre chemin.
Autrement dit, que nous vivions nos vies uniques et singulières tout en étant en contact parfois.
Alors bienvenue !
Dans ce tableau de bord Notion, j'ai une vue calendaire au mois qui me montre d'un coup d'œil toutes les tâches running à faire.
Avec les gîtes, ça permet de repérer immédiatement les journées ou semaines trop pleines.
Juillet 2025, mon objectif unique : réussir ma saison sans en sortir épuisée. C'est tout.
Pas de frustration de ne pas avancer sur mes projets créatifs. C'est impossible pendant cette période, alors pourquoi me torturer ?
Ma journée est finie quand elle est finie. En haute saison, mon seul job c'est de ne pas me cramer.
Je suis vigilante sur la météo (les canicules, c'est l'enfer), sur mon sommeil, sur mes signaux d'alerte.
J'ai eu peu de stress ce mois-ci.
J'ai juste découvert un matin la piscine laiteuse comme du lait après quatre jours de présence de voyageurs.
Jamais vu ça. Incompréhensible.
Stress. Mais la piscine, c'est de la chimie.
Je me suis formée avec ChatGPT sur le dosage, les mesures, tout le protocole.
J'ai mis en place tous les produits qu'il fallait, que j'avais en stock heureusement.
Mais je ne viens vérifier que tous les trois jours pour ne pas déranger les voyageurs.
Trois jours à attendre et espérer que la situation s'améliore. Trois nuits à mal dormir. À m'imaginer une catastrophe.
Le jour où j'ai pu y retourner, j'y suis allée première heure. L'eau était redevenue limpide.
Juillet m'a appris à accepter de ne pas savoir. À accepter d'attendre. Et aussi que tout est rattrapable.
Les voyageurs étaient ravis, ils ne se sont même pas plaint de l'eau trouble.
L'eau est maintenant plus claire que jamais, et j'ai découvert qu'on peut rattraper une piscine en trois-quatre jours sans effort.
Question qui traînait depuis des semaines : comment déléguer davantage pour ma potentielle septième saison ?
J'avais pensé à tout : gestionnaires inconnus, solutions high-tech, même arrêter complètement les gîtes.
Et puis cette révélation en roulant sur les bords de la Loire (mon chemin préféré en voiture) : mais pourquoi je n'ai pas pensé à elle ?
Elle, c'est la propriétaire de notre ancien concurrent principal. On lui a acheté son gîte il y a quatre ans. Elle est partie à la campagne créer un nouveau projet.
Elle propose également des services de co-hôte sur Airbnb.
C'est évident : même souci du détail, même vision des gîtes bien décorés avec une atmosphère. Elle ferait les choses exactement comme moi.
On a échangé la semaine dernière. Elle est intéressée pour gérer notre bien avec piscine - celui qui me prend le plus de temps.
Reste à voir maintenant si nous l'embauchons.
J'écoutais un podcast sur l'économie ce matin, et l'économiste expliquait qu'on est dans un monde où "le gâteau ne grossit plus".
Ça résonne avec ce que je ressens sur les gîtes. On sent qu'on a atteint un maximum. Il faut faire avec, optimiser à l'intérieur de ce cadre.
Moins de grands groupes réservent les grandes maisons. Plus de concurrence sur les appartements une chambre. Les tarifs à la nuit sont moindres sur certains biens.
Mais juillet m'a confirmé que j'ai assez.
Financièrement : ma maison est meublée, gros travaux faits. J'ai mes vêtements, mon PC, mon chien, mon van, ma voiture. Si on me coupait tout demain (sauf l'accès à l'eau et la nourriture), je ne me sentirais pas mal. J'irais à la bibliothèque pour les livres.
En accomplissement : ces dernières années, j'ai le sentiment d'avoir accompli plus que dans toute ma carrière salariée. C'est physique, c'est de la pierre, c'est tangible.
En reconnaissance : j'ai plus cette notion de carrière linéaire. Je peux avoir des moments de pause et des moments d'action. Si on faisait une année sabbatique demain, je n'aurais pas le sentiment que tout va s'écrouler.
Si vous démarrez un gîte, je vous donnerai ce conseil,unique après six saisons : déléguez le ménage immédiatement.
Je comprends qu'au démarrage, faire soi-même apprend beaucoup. Ça aide à visualiser ce que font les autres, à comprendre les standards.
Mais déléguez vite pour ne pas vous cramer. Soyez vigilant sur votre énergie.
Moi, j'aurais dû me concentrer sur l'automatisation des messages et le revenue management bien plus tôt. C'est là que je suis forte. Je ne l'ai fait qu'en cinquième-sixième saison.
Messages automatisés jusqu'au bout, bon site web pour les réservations directes, politique tarifaire claire : j'ai fait ça trop tard.
Dommage.
Août sera dans la continuité de juillet : finir la saison en beauté, sans m'épuiser.
Partir en vacances.
L'automne sera le moment des projets créatifs en pause.
Le mentorat se développera.
Et 2026 ? Probablement différent. Avec la gestionnaire pour le bien piscine, je pourrais enfin avoir une septième saison moins intensive.
Ou pas. On verra bien. Cette incertitude ne me stresse plus.
Juillet m'a appris que laisser venir les solutions fonctionne mieux que forcer la réflexion.
Les questions qui flottent finissent toujours par trouver leurs réponses au bon moment.
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Si cette approche de gestion d'énergie et d'acceptation des cycles vous intéresse, je développe ces concepts dans mes articles Ressources payants sur la construction d'une constellation professionnelle durable.
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Et vous, votre mois de juillet ? Partagez le en commentaire.
À bientôt ?
Tiffany
PS: J'ai parlé la semaine dernière pourquoi j’ai décidé de croire par principe.
PSS: J’écris sur Notes mes nouvelles idées.


Bonjour Tiffany,
Cela fait de nombreuses semaines que je n'ai pas lu vos publications, prise dans le tourbillon de l'été, de la chaleur qui me pèse et me fatigue chaque année un peu plus, de la résolution de mes problèmes d'insomnie (en très bonne voie), du travail sur moi-même pour me lancer dans l'entrepreneuriat 😅
Mais c'est toujours avec un immense plaisir que je vous retrouve et, même si je ne suis pas réactive à chacune de vos publications, je m'en nourris dès que j'arrive à me sortir du reste. Votre façon de travailler, votre approche quant à vos activités ainsi que votre capacité à vous remettre sans cesse en cause pour évoluer sont à chaque fois le type de message que j'aime lire et vous êtes une personne de qui j'aime apprendre alors merci encore Tiffany et une belle journée à vous 🙏☀️🌸