#130 Carnet de bord de mai 2026
Bien le bonjour dans mon carnet de bord de mai, que je vous avoue avoir eu bien du mal à démarrer. J’ai relu mes bilans hebdo pour me remettre le mois en tête, car apparemment la chaleur a fait un reset à mon cerveau.
Et je me rends compte que je ne parle dans ces bilans que de la haute saison de nos gîtes, et c’est vrai que c’est ce qui m’occupe presque exclusivement. Nous sommes à la moitié de la saison haute, qui dure d’avril à août. Juin est un mois souvent un peu creux, qui permet de se remettre des premiers mois, et au vu des rythmes de réservations, cela en prend le chemin. Nous avons pour l’instant 28 réservations, après en avoir eu près de 80 sur avril et mai cumulés.
Les chiffres sont donc très bons. Nous sommes à +23% de CA versus l’année dernière. Mais juin et juillet risquent d’être en dessous, donc l’avance va se réduire. Mon objectif est de finir l’année à +10%. Je viens de me rendre que sur notre plus gros gîte, nous avons déjà atteint le CA de l’année dernière avec les réservations faites pour le moment. L’année peut se révéler exceptionnelle, suspense à suivre sur les prochains mois.
Pour celles et ceux qui me découvrent : je suis Tiffany. Plusieurs métiers, aucun patron depuis 2021, et une théorie selon laquelle on peut construire une constellation professionnelle plutôt que choisir un seul métier. J’écris ici chaque semaine depuis 2024 pour raconter comment ça marche (ou pas). Tu peux t’abonner juste en dessous, c’est gratuit.
Comme tout système mis sous tension, la délégation que j’ai mise en place en octobre dernier a commencé à montrer ses limites. Pour récapituler : j’ai embauché une gestionnaire en octobre pour gérer l’ensemble des contacts voyageurs et visiter 4 de nos gîtes après le passage de la société de ménage. J’ai confié le lavage du linge et des serviettes à cette même société de ménage, qui travaille pour nous depuis bientôt trois ans. Et nous avons une employée en CDI qui gère deux de nos gîtes en autonomie complète, du ménage à l’accueil.
Tout a bien fonctionné jusqu’en avril, lorsque ma gestionnaire s’est cassé un os du pied et n’a plus pu visiter 3 des 4 gîtes dont elle s’occupait. J’ai repris la main dessus. Fin mai, la société de ménage m’a appelée pour me dire que cela ne passait plus côté linge. Leur pressing met une semaine à leur rendre le linge propre, et en une semaine, on peut avoir deux à trois rotations de voyageurs. Donc plus de linge propre disponible.
Ce qui est intéressant, c’est que leur appel tombait pile au moment où je regardais les dépenses engagées sur cette partie. Et elles étaient conséquentes : 800 euros chaque mois en avril et en mai. C’est tout l’intérêt de déléguer une tâche, on en découvre enfin le « vrai » prix. Quand c’était moi qui m’en chargeais, je ne facturais pas du tout ce montant à mes sociétés (je facture mes prestations de conciergerie à mes sociétés via une autoentreprise). Tant qu’une tâche reste invisible dans mes comptes, je ne peux pas vraiment décider si je dois la garder ou la lâcher. La déléguer l’a rendue visible. Mes sociétés encaissent ces montants sans que cela nous mette en difficulté, ce qui veut dire que c’est le montant que je peux désormais me facturer si je reprends la main.
Et c’est justement ce que j’ai décidé de faire, en partie. Si je leur avais confié ce linge, c’était pour de bonnes raisons : je ne peux pas toujours passer dans les logements entre deux rotations (les premiers partent à 11h, les suivants arrivent à 16h), je voulais limiter mes trajets de récupération du linge, et cela créait un bazar monstre chez moi, avec du linge à laver, en cours de lavage ou à redéposer.
J’ai donc proposé à la société de ménage un entre-deux : je récupère le linge directement dans leur local et je l’y rapporte une fois propre. Le local est à côté de chez moi, je peux me garer devant la porte, et des grandes laveries modernes ont ouvert dans ma ville. Si la laverie est vide à mon arrivée, je lave et sèche tout en deux heures, et je ramène le linge propre dans la foulée. L’inconvénient, c’est que je dois le faire a minima une fois par semaine. Mais c’est propre à la haute saison. En basse saison, je pourrai à nouveau leur déléguer le linge si je veux m’absenter.
Déléguer n’est en fait pas un interrupteur qu’on allume une fois pour toutes.
C’est un système vivant, qui respire au rythme des saisons et qui encaisse les imprévus comme un pied cassé ou un pressing trop lent. Je reprends le linge en haute saison, je le redéléguerai en basse saison. Cette action, je ne l’avais pas anticipée au départ, mais je savais qu’il me fallait rester prête à intervenir.
Deuxième sujet : ma gestionnaire. Le top de cette délégation, c’est qu’elle prend en charge tous les messages et appels voyageurs, ce qui me convient parfaitement pour un tarif correct. À terme, quand elle ne voudra plus le faire, je pense qu’un agent IA pourra prendre le relais. Je sais que la plateforme de réservation que j’utilise est en train d’en développer un. Elle gère aussi à 100% le gîte le plus éloigné de chez moi, celui avec piscine et jacuzzi, qui me prenait beaucoup de temps. En revanche, nous avons convenu qu’elle ne passerait plus dans les 3 logements du centre-ville.
Plusieurs raisons à cela. La première, c’est que je repère en une micro-seconde le moindre problème, désordre ou casse, et que j’interviens aussitôt pour le réparer. J’ai trop souvent vu des soucis remonter trop tard, comme ce trou dans un mur dont ni la gestionnaire ni la société de ménage ne m’avaient parlé…je ne comprends toujours pas comment personne ne s’est dit que c’était un problème. La seconde, c’est que le coût de ses passages n’était pas neutre : sur les petits logements, le modèle économique est bien plus tendu, et 20 euros de dépense supplémentaire par réservation peut faire basculer un gîte en rentable à peu rentable. La troisième, c’est que ces trois logements ne devraient bientôt plus être qu’un seul. L’un d’eux, qui appartient à mon beau-frère, sera vendu le 23 juin. Un second devrait être mis en vente pour une fin octobre si l’estimation de l’agence nous convient.
Car le bilan que je fais est que sur ces petits logements, ma valeur personnelle reste difficilement remplaçable. Là où je peux déléguer sans y penser sur un grand gîte très rentable, le moindre passage délégué sur une petite unité pèse sur une rentabilité déjà fragile. Tout n’est pas délégable de la même manière suivant la taille des gîtes.
Si j’envisage de vendre le second petit appartement, c’est qu’il cumule des vraies limites. Il fait 10 000 euros de chiffre d’affaires à l’année, là où le grand appartement que je vais conserver en a fait 25 000 en 2025, (et sûrement davantage en 2026 vu la tendance). Mais le chiffre n’est que la partie visible. Le petit a des défauts structurels que je ne peux pas corriger, l’absence d’isolation phonique et l’impossibilité d’installer une VMC, une cuisine et une salle de bain vieillissantes qui demanderont des travaux à court ou moyen terme, et c’est l’un de nos seuls biens en copropriété. Nous y avons deux appartements et j’en suis la présidente côté propriétaires, ce qui me permet de veiller à ce que tout soit bien géré avec le syndic. Sauf que nous avons dû faire face à plusieurs procédures liées à des problèmes de paiement avec d’autres propriétaires, et je trouve que cela pénalise le bien. Garder le grand appartement est une décision facile à l’inverse : pas de défaut structurel, une isolation correcte, deux VMC, et une rénovation complète déjà faite puisque c’était notre ancienne résidence principale. Il plaît beaucoup et fait de très bons chiffres. Quand un bien coche toutes les cases et qu’un autre les rate presque toutes, le choix se fait presque tout seul.
Tout cela reste une bonne chose. Je dis souvent que l’action crée l’information, et cette mise en œuvre de délégation m’a beaucoup appris : sur le prix réel des choses, sur ma capacité à déléguer et à lâcher prise, sur le caractère cyclique de mon activité. Le tout dans un contexte de croissance du CA, donc je sens que ça va dans le bon sens, et je me sens en forme. J’ai récupéré de la fatigue accumulée les années précédentes, et c’est satisfaisant. Je n’ai eu aucun lumbago et c’est le plus important. Tout est une question de dosage entre la charge de travail, la charge mentale, le revenu généré et l’énergie disponible. Je commence à trouver mon équilibre là-dedans, même si je sais bien qu’un grain de sable peut encore tout bloquer.
Pour aller plus loin
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à bientôt ?
Tiffany
PS : Vous pouvez (re)découvrir ici mon histoire et ce que j’appelle ma constellation professionnelle. J’écris aussi des articles sur un blog. Je publie sur Notes mes pensées du moment et chaque lundi le bilan de la semaine passée.

