Impatiente de faire mon bilan de septembre.
J’ai le sentiment d’avoir bien avancé et je me rends compte du chemin parcouru car, les années précédentes, septembre était un mois difficile, conséquence directe de la fatigue de la haute saison. Ce mois n’a pourtant pas été calme sur le plan touristique : notre plus gros gîte était loué en permanence jusqu’au 25 et les autres étaient encore bien actifs. Par contre, depuis une semaine, l’activité est retombée. On a plus ou moins une réservation par semaine et par gîte. Beaucoup plus simple à gérer et cela me laisse du temps pour mes autres activités.
Avant de rentrer dans le détail de ce que j’ai fait, je voulais analyser les raisons de mon bon état général, à la différence des années précédentes. Ce n’était pas gagné car les canicules se sont enchaînées et devoir se déplacer dans ce contexte était éprouvant. Aucun de nos logements ne sont climatisés et ils ont tous des étages où ils faisaient très chaud. Et la délégation que j’avais mise en place pour la gestion du linge n’a pas fonctionné. J’ai dû récupérer et laver tout le linge chez moi (mais, pour le coup, les chaleurs ont bien aidé pour le sécher). Avec le recul, je me rends compte que je poussais mes limites physiques les années précédentes, et l’activité ne s’arrête jamais, week-end compris. Donc je dois me ménager et garder un « stock » d’énergie.Il faut aussi regarder ma fatigue mentale. J’ai deux personnes qui gèrent désormais les contacts voyageurs et je n’interviens que pour les urgences et les locataires difficiles. Cela m’a permis de surmonter les difficultés rencontrées avec calme.
Pour celles et ceux qui me découvrent : je suis Tiffany. Plusieurs métiers, aucun patron depuis 2021, et une théorie selon laquelle on peut construire une constellation professionnelle plutôt que choisir un seul métier. J’écris ici chaque semaine depuis 2024 pour raconter comment ça marche (ou pas). Tu peux t’abonner juste en dessous, c’est gratuit.
Le mois de septembre a commencé par le remplacement de notre employée, qui a pris deux semaines de vacances. Cela m’a permis de me lancer dans un grand reset d’un des gîtes qu’elle gère. J’aime de temps en temps y aller pour faire les choses comme j’aime ; cela se finit souvent par moi à quatre pattes en train de frotter le sol pendant des heures ou moi en train de trier des placards pour mettre tout au carré. Fatigant et satisfaisant. Pour ce même gîte, notre homme à tout faire est également intervenu pour quelques travaux de peinture et de réfection de sol. Nous travaillons avec lui depuis un an maintenant, et c’était un manque dans notre activité. Une semaine de travail nous coûte autour de 1 500 euros, incluant main-d’œuvre et petites fournitures. Nous pouvons nous le permettre deux ou trois fois par an, et au fil des mois, les gîtes s’améliorent.
J’en ai déjà parlé dans mes précédents carnets de bord, mais les chiffres sont très bons. Les séjours de fin d’année, pour Noël et le jour de l’an, sont en train d’être réservés et nous commençons à recevoir des réservations pour l’année prochaine. J’ai une interrogation sur l’évolution des tarifs à faire pour notre gîte avec piscine car nous allons y installer la climatisation. Nous avons déjà de belles prestations et y ajouter la clim doit nous permettre d’augmenter le prix à la nuitée. Il est déjà loué quasiment non-stop de mai à fin septembre ; l’enjeu est de ne pas se faire doubler par la concurrence qui peut installer la clim et aussi d’augmenter notre rentabilité à la nuitée. J’ai posé une hypothèse de hausse et je vais attendre de voir la tendance dans les premières réservations. Pour l’instant, nous avons déjà reçu une réservation d’une semaine pour mai, ce qui est rare aussi tôt, et donc prometteur.
Le mois de septembre a aussi été marqué par deux choses : la remise en place de mon suivi en mode projet et l’arrivée d’un nouveau modèle d’IA (Astra de ChatGPT) qui a fortement impacté mes priorités du mois. J’ai constaté début septembre que j’avais abandonné toute organisation depuis avril, un grand classique de la haute saison. Ce n’est pas dramatique, mais j’aimerais réussir à tenir davantage mon suivi quotidien, même l’été.
J’explique dans cet article mon fonctionnement en 2024, et dans le suivant (réservé aux abonnés) le détail de l’organisation.
L’arrivée du nouveau modèle du LLM a rendu possible un projet mis de côté : avoir un suivi quasi automatisé de mes actions quotidiennes et les visualiser dans un dashboard suivant ma méthode agile. Pour la résumer, je fonctionne avec des sprints de deux semaines, un classement par activité et la distinction de ce qui est de l’ordre du Going (les tâches récurrentes d’une activité) et du Projet (des nouveautés ou améliorations). Je fais attention à n’avoir qu’un ou deux projets en cours à la fois (pour laisser de la place au Going de chaque activité) et quand je démarre mon sprint, je pose un objectif prioritaire qui est généralement lié à des projets.
L’été, toute mon énergie part dans le Going des gîtes, donc cela explique que je m’éloigne de ce modèle. Mais un de mes « soucis » était aussi ma façon de le suivre. J’ai essayé plusieurs méthodes et rien ne m’allait : un document manuscrit, une page Notion, une simple page de notes dans Bear, une première version d’une page web faite avec Claude avant l’été.
J’ai trouvé la solution en travaillant sur le prototype de mon site revu constellationpro.fr. J’ai pris la décision de quitter Podia pour un site home-made. J’y pense depuis plusieurs mois, et le nouveau modèle Astra m’a permis de le faire « facilement ». Je le mets entre guillemets car certes le modèle gère la partie technique, mais je dois quand même décrire mon besoin, travailler les textes, les catégories, les designs, etc. Mais tout cela dans une fluidité déconcertante car j’utilise principalement le mode vocal. C’est-à-dire que je dis à voix haute ce que je souhaite, sans aucun formalisme, et l’outil exécute quasiment parfaitement. J’ai l’impression de revivre mes années de chef de produit dans la tech, et je ne vous cache pas que cela me fait très plaisir.

En faisant ce travail de spécifications, j’ai rapidement distingué deux dimensions dans mon site : une partie Concepts (définitions, outils, blog, mentorat) et une partie Coulisses (cette newsletter et mon observatoire qui est le suivi au jour le jour de mon organisation projet). Ce n’est pas encore en ligne (je pense que cela sera dans mes objectifs d’octobre), mais je peux désormais, par un simple vocal, décrire ce que j’ai fait aujourd’hui et cela consolide automatiquement mon observatoire. Ma rétrospective en fin de sprint se fait de la même façon (toujours en mode vocal) et je pose à la fin mes objectifs du sprint à venir. Avec, cerise sur le gâteau, l’outil qui me fait des remarques pertinentes sur le format de ce suivi mais aussi sur les tâches réalisées.
Je pense que je pourrai à terme lier ce suivi agile avec ce carnet de bord.
Cela me fait arriver au rôle de l’IA dans tout ça. J’ai été fascinée par la polémique sur le livre de Thélyson Orélien. J’ai lu énormément d’articles sur le sujet. Nous sommes dans un changement majeur pour le monde de l’édition et de l’écriture. J’ai eu besoin de mieux comprendre le fonctionnement de Pangram, j’ai aussi lu les premières pages du livre pour me faire mon avis. C’est passionnant.
J’ai pris une version d’essai de Pangram pour y passer des textes, les miens et d’autres aussi. Pas pour « démasquer » une prose IA, mais pour rentrer dans le détail du sujet. Dans Substack, je peux scanner mon texte avant publication, mais le résultat est simplifié avec un simple pourcentage IA / humain.
Mon dernier article de newsletter était par exemple sur un 50/50 et je voulais comprendre quelles parties étaient taguées IA et lesquelles étaient humaines. J’avais effectivement passé mon brouillon dans l’IA pour mieux structurer mon propos. Parfois, mon écriture est fluide, mais parfois aussi, ce que je produis est trop éloigné de ce que j’ai dans ma tête. L’usage de l’IA va alors dépendre de mon énergie créatrice du jour et du délai qu’il me reste avant publication. Je ne pense pas que ce soit tricher. Je ne me prononce pas sur le cas d’un écrivain, je ne le suis pas. Mon objectif est « juste » de fournir un texte sur mes sujets du moment, le plus clair possible. Le fait est que j’ai un outil qui est capable d’éditer un texte. Et je m’autorise à l’utiliser de temps en temps.
Je n’ai pas tout compris dans le classement fait par Pangram. Les textes taggés comme humains sont souvent ceux dans lesquels je parle de ma vie et ceux classés comme IA sont les plus conceptuels. Mais j’ai aussi des textes classés 100 % humains avec juste une phrase au milieu classée IA. Je vous mets un exemple ; il m’est difficile de comprendre pourquoi.

L’objectif prioritaire de mon sprint était la relecture, la correction et l’édition de mon livre. Je me suis donc amusée à passer le texte dans Pangram, à essayer de le reformuler si le tag IA était là… et à découvrir dans un second passage que son pourcentage humain avait diminué alors que ce n’était que moi qui était repassé sur mon chapitre.
J’ai creusé, comparé le champ lexical du livre avec celui de mes articles, ou encore la récurrence de certaines tournures linguistiques. Et je me suis arrêtée là… Tout cela est trop compliqué et m’a éloignée de mon objectif de finir mon livre.
J’ai repris donc la correction, en découvrant par contre que je pouvais demander à l’IA d’aller directement corriger les fautes d’orthographe dans mon outil de notes. Et c’est ce que je ferai avec ce texte, écrit avec mes petites mains mais avec la relecture « fautes » 100 % déléguée à une machine.
Je mettrai dans le livre une phrase expliquant comment j’ai utilisé l’IA par transparence. Mais franchement, cela fait plus d’un an que je travaille ce texte ; ma seule certitude est que tout a été lu, corrigé, relu, corrigé, re-relu, corrigé par moi.
Sur Substack, si vous scannez mon texte, vous verrez l’explication sur mon usage IA. L’IA m’est d’une grande aide pour mon travail sur le concept de la Constellation Professionnelle. Il n’est pas dans mon intention de le cacher et je pense que nous devons faire preuve de transparence sur notre façon de l’utiliser. Je pense que tout cela n’est qu’un débat du moment. Les ventes du livre de Thélyson Orélien le montrent. Elles ne ralentissent pas, au contraire. Les gens aiment ce livre, il a gagné un prix de lecteurs. Il va falloir s’habituer à ces polémiques, et à ces nouveaux outils qui bouleversent tout.
En tout cas, cette étape correction-édition de mon manuscrit avance très bien. J’arrive à deux étapes qui ne m’attirent pas du tout : insérer des visuels et faire la couverture. Aucune envie de le faire, mais il faut. Je me dis souvent ces jours-ci que cela sera peut-être mon seul livre, donc autant bien le faire. Ensuite, il y aura le formatage du fichier, le chargement sur les plateformes de vente et les autres tests d’impression. Je pense que j’en ai encore pour un mois. Mais la bonne nouvelle est que j’ai pris plaisir à cette étape. Je suis contente du résultat. Et si je reviens au fondement de ce projet, il était de voir si mon travail sur ce concept pouvait être argumenté sur le temps long d’un livre. C’est le cas.
Les autres sujets en vrac du mois
- On a eu la première grosse casse dans un appartement : le contenant en céramique du savon a glissé des mains de l’intervenante lors du ménage et le lavabo s’est cassé. On a réussi à le changer en quelques heures. Par un heureux hasard, j’ai acheté le même évier (pour seulement 35 euros, certains prix bas m’interpellent, pas vous ?). Une nouvelle compétence débloquée : retirer et remettre un évier, et se rendre compte que ce n’est pas si grave.
- Une voyageuse a fait une réclamation Airbnb pour intrusion dans un de nos gîtes. Le sujet d’entrer dans le logement alors qu’un voyageur est installé est très touchy. Nous évitons au maximum, et quand nous le faisons, nous demandons un accord par écrit dans la messagerie. Mais si je dois être franche, ce n’est pas que pour cela que j’évite. Voir le logement durant un séjour peut être perturbant (bazar, mobilier déplacé, saleté). Mais en l’occurrence, pour ce cas-là, il ne s’agit « que » d’un conflit lors du départ du voyageur, qui n’était pas prêt à l’heure max donnée (et pourtant reconfirmée la veille). J’ai dû retracer tout ce qui s’est passé : rien d’anormal, sauf une histoire de portail qui a été ouvert alors que les chiens étaient encore en liberté. Très bizarre car la société de ménage n’a pas de bip portail et ma gestionnaire me dit ne pas l’avoir ouvert. Ayant un chien, je comprends la peur que cela aurait pu engendrer. Bref, mystère et note de 2 étoiles qui nous a fait perdre notre tag « Coup de cœur voyageur ». D’où l’intérêt de construire sa souveraineté, en multipliant les intermédiaires et en développant son site personnel pour ne pas être trop dépendant de ce type d’aléas.
- Et le dernier gros sujet a été le sauvetage d’un chiot chez un monsieur désociabilisé dans un immeuble que je gère. Nous avons entendu que l’animal était maltraité. Après appel à l’assistante sociale pour signaler que cela n’allait pas, elle m’a dit que le monsieur voulait donner son chien. Nous y sommes allés pour le prendre car je ne pouvais pas laisser la situation comme cela. Tout a été très difficile, le chiot était surexcité (il n’a dormi que deux heures la seule nuit que j’ai passée avec lui), il aboyait beaucoup, il était affamé et assoiffé. Nous avions envisagé de le garder le temps de chercher une nouvelle famille pour lui mais nous avons dû l’emmener à la SPA dès le lendemain. Nous n’avons pas assez d’expérience pour juger de la bonne famille pour ce chiot, et il ne peut pas se permettre une nouvelle erreur. Le personnel là-bas était confiant sur ses chances d’adoption, car il était encore petit et très mignon. Mais cela nous a déchiré le cœur de devoir faire cela. Mais avec quelques jours de recul, je suis contente d’avoir agi. Le monsieur est soulagé et il était temps que le chiot trouve une maison où il serait bien traité.
Voici mes objectifs prévu pour mon prochain sprint. Est-ce que je vous ai donné envie d’essayer ce type d’organisation ? Si oui, je serai ravie d’échanger avec vous.

Pour aller plus loin
Vous voulez passer à l’action avec mes outils ?
L’Ikigaï inversé pour identifier ce que vous refusez dans votre vie professionnelle. Point de départ quand on ne sait pas encore par où commencer. Le Révélateur pour cartographier votre constellation en 50 questions. Étape suivante quand vous savez ce que vous ne voulez plus.
Vous voulez approfondir avec mes archives et ressources ? J’ai créé des ressources avec mes méthodes concrètes, mes chiffres réels et les exercices que j’utilise en mentorat.
Vous voulez un accompagnement personnalisé ? Je propose du mentorat individuel pour construire et améliorer votre constellation.
à bientôt ?
Tiffany
PS : Vous pouvez (re)découvrir ici mon histoire et ce que j’appelle ma constellation professionnelle. J’écris aussi des articles sur un blog. Je publie sur Notes mes pensées du moment et chaque lundi le bilan de la semaine passée.






