#133 Carnet de bord de juin 2026
Juin 2026 n’a pas été le mois où j’ai le plus avancé. Mais deux ou trois choses se sont quand même actées.
En mai, je vous parlais de la délégation de mes gîtes mise à rude épreuve par la haute saison et d’un petit appartement que nous venions de mettre en vente. Sur la délégation, j’ai repris une partie de mes activités plus tôt que prévu, dès juin au lieu de juillet. Ça ne me pose pas de problème, j’avais prévu d’être disponible cet été de toute façon. Ce qui m’a bien soulagée par contre est d’avoir vendu le bien de mon beau-frère. Un logement en moins à gérer et c’était le seul bien qui ne nous appartenait pas. Il est bien plus simple de prendre ses propres décisions quand cela n’impacte que soi.
Pour celles et ceux qui me découvrent : je suis Tiffany. Plusieurs métiers, aucun patron depuis 2021, et une théorie selon laquelle on peut construire une constellation professionnelle plutôt que choisir un seul métier. J’écris ici chaque semaine depuis 2024 pour raconter comment ça marche (ou pas).
Pour le petit appartement mis en vente, rien ne bouge. Le marché immobilier semble mort depuis quelques semaines, aucun appel. Ce n’est pas dramatique, l’autre option est de le basculer en location longue durée en octobre. Je pense d’ailleurs le passer en location nue plutôt que meublée : la différence de loyer est faible et ça évite le ménage lourd entre deux rotations. J’ai encore en tête l’état de notre maison à Orléans, louée en meublé depuis cinq ans, que j’ai retrouvée plusieurs fois dans un état qui semblait correct de loin, mais qui demandait tout à refaire de près, sol, murs, plafonds, meubles. J’y ai passé à chaque fois plusieurs jours pour la remettre en état, avec deux heures de route à chaque fois pour quatre ou cinq heures sur place. Cette maison passera aussi en location nue à la prochaine rotation.
La canicule a ouvert d’autres questions. Faut-il faire installer la climatisation dans nos deux gîtes qui fonctionnent le mieux ? Faut-il vendre un autre appartement, sous les toits, où même une isolation refaite ne suffit pas à lutter contre 43 degrés à l’ombre ? On verra comment se passe la suite de l’été avant de trancher. Ça fait cinq ans que j’espère une année sans gros travaux, et ça n’arrive jamais. Et la chaudière de plus de vingt ans est toujours là, en embuscade, elle aussi attendra la fin de l’été pour voir si nous la changeons cette année.
Côté chiffres, tout va bien, et je sais que ce n’est pas le cas de tous les gestionnaires de gîtes cette année. Nos deux logements principaux ont déjà atteint le chiffre d’affaires de l’an dernier, avec des réservations qui continuent à rentrer sur le second semestre. On devrait finir à + 10 ou 15%. Sur les deux autres grands logements, on est à 80% du chiffre d’affaires de l’an dernier, contre 60 à 70% l’an dernier à cette même date. Ces quatre gîtes représentent près de 80% de notre chiffre d’affaires total, donc l’année se passe bien. Mais ce chiffre d’affaires sert d’abord à payer les charges, les employés, les prêts et les travaux. C’est déjà beaucoup de ne pas avoir à réinjecter de trésorerie. Mais parfois j’ai l’impression que c’est beaucoup d’efforts pour, au fond, pas grand chose. Surtout quand il fait plus de 40 degrés dehors.
Ce point m’amène à récapituler ce qui a bougé depuis le début de l’année. Nous avions 8 gîtes en janvier. Nous sommes passés à 7 avec la vente du bien de mon beau-frère. L’appartement actuellement en vente, s’il ne trouve pas d’acheteur d’ici octobre, basculera en location longue durée : ça fera 6. Deux de ces logements sont gérés par ma mère, et nous en avons basculé un en location pour septembre, loué en quatre jours et après seulement deux visites. (J’ai mis en place un process qui tourne bien : vérification des pièces administratives via DossierFacile, un service gratuit fourni par l’État, ce qui limite les échanges sur ce sujet et m’évite de me retrouver face à des faux documents. J’ai aussi une vidéo de chaque appartement, qui permet de valider l’intérêt de la personne avant la visite, la visite devenant presque une formalité). Ce logement en moins nous amènera à 5 en septembre. Nous finirons donc l’année avec 5 logements sous la marque Un Séjour à Blois, seulement les plus grands (de plus de deux chambres).
Sur notre zone, les prix à la nuitée pour des logements d’une chambre tournent autour de 40 à 60 euros et la concurrence est forte. À ce niveau, l’activité n’est pas plus rentable qu’une location classique. Passé 100 euros la nuitée, c’est mieux, sans être miraculeux. J’attends la fin de l’année pour trancher sur deux derniers logements, vente, location classique ou poursuite du touristique. Le marché peu porteur rendra sans doute la vente difficile.
C’est intéressant d’entrer dans cette phase de rationalisation. J’ai vécu la découverte de l’activité, la multiplication des logements, l’automatisation et la délégation, et maintenant que je comprends mieux comment le marché évolue et ce que nous voulons pour la suite, je trie. Je veux garder les biens les plus rentables en tourisme, et basculer le reste en location classique. Et si certains peuvent se vendre, tant mieux. Si je devais racheter de l’immobilier aujourd’hui, je sais exactement ce que je choisirais : un deux pièces d’une trentaine de mètres carrés, avec un parking, si possible un balcon, très peu de charges de copropriété, et au moins un DPE D. Je le rénoverais avec une cuisine complète, frigo, four, meubles de rangement, un coup de blanc sur les murs et je le louerais en non meublé. C’est ce qui se loue le mieux dans ma ville, où il y a pas mal d’étudiants, et ça peut aussi très bien convenir à un couple de jeunes actifs.
Puisque c’est le bilan du mois, c’est aussi l’occasion de faire celui de cette newsletter. Ce qui me satisfait : elle est toujours là, et j’approche des 150 éditions. Ce qui l’est moins : peu de gens la découvrent, parce que je n’écris presque jamais de notes et que je n’ai aucun dispositif de promotion ailleurs. Est-ce que j’ai envie de m’y mettre ? non. Alors merci d’être là et de me lire. C’est une ambivalence que je connais bien maintenant: j’aimerais avoir plus de lecteurs, et en même temps j’ai l’impression que plus de lecteurs voudrait dire plus de craintes à écrire. Cet anonymat me convient. Mais écrire sans interruption depuis deux ans m’a fatiguée sur le plan créatif, et j’ai besoin d’une pause cet été, d’autant que je dois terminer mon manifeste sur la constellation professionnelle, qui est rentré ENFIN dans sa phase finale.
Vous pouvez lire ici mon bilan après un an d’écriture
Cette pause, je l’ai déjà commencée un peu, avec un début de roman. Sa genèse vaut le coup d’être racontée. J’ai testé l’outil milmo, qui pousse à écrire mille mots chaque matin. J’ai vite vu que le format journal intime ne fonctionnait pas pour moi, et je me suis dit que c’était l’occasion d’essayer un texte fictionnel. En parallèle, j’ai eu une idée d’histoire une nuit. Et j’ai lu le livre d’Elizabeth Gilbert, Comme par magie : vivre sa créativité sans la craindre, qui m’a surprise par son contenu. L’auteure y explique que les idées choisissent leurs auteurs pour les raconter. C’est rafraîchissant de lire ce type de contenu, complètement atypique et hors des sentiers battus. Et ça m’a donné une sorte d’autorisation à creuser cette idée, je me suis donc retrouvée à la bibliothèque avec grand plaisir pour faire des recherches. Le thème central étant la peine de mort, j’ai lu Badinter, Camus, Hugo et d’autres penseurs sur ce sujet ce mois-ci. Je suis née en 1981, l’année de l’abolition, et à part avoir lu et aimé La Ligne verte, je n’avais aucune culture générale sur ce sujet. Même si ce roman n’ira peut-être pas plus loin qu’une ébauche, j’y aurai pris beaucoup de plaisir. Et cela sera ma vraie pause estivale : pas l’arrêt d’écrire, mais écrire sans savoir où ça me mène.
Je ferai probablement mon carnet de bord de juillet début août, mais la vraie reprise sera début septembre. En attendant, vous pouvez relire mes articles gratuits, ou explorer toute ma bibliothèque pour 7 euros par mois ou 39 euros par an. Monétiser ou non ces écrits reste un sujet que je laisse volontairement en jachère, je ne sais pas, donc je n’y touche pas. La barrière du paywall me rassure aussi, elle protège un peu “mon intimité” en ligne.
Pour aller plus loin
Vous voulez passer à l’action avec mes outils ?
L’Ikigaï inversé pour identifier ce que vous refusez dans votre vie professionnelle. Point de départ quand on ne sait pas encore par où commencer. Le Révélateur pour cartographier votre constellation en 50 questions. Étape suivante quand vous savez ce que vous ne voulez plus.
Vous voulez approfondir avec mes archives et ressources ? J’ai créé des ressources avec mes méthodes concrètes, mes chiffres réels et les exercices que j’utilise en mentorat.
Vous voulez un accompagnement personnalisé ? Je propose du mentorat individuel pour construire et améliorer votre constellation.
à bientôt ?
Tiffany
PS : Vous pouvez (re)découvrir ici mon histoire et ce que j’appelle ma constellation professionnelle. J’écris aussi des articles sur un blog. Je publie sur Notes mes pensées du moment et chaque lundi le bilan de la semaine passée.



