#132 Pourquoi j’ajoute une étoile à ma constellation
Je suis née en 1981. Pendant les trente premières années de ma vie, je n’ai vu personne autour de moi placer son argent. Mes parents étaient propriétaires de leur résidence principale, ça oui, depuis très jeune. Ils ont eu trois maisons successives, toujours leur logement à eux. Mais l’idée d’acheter pour louer, de faire travailler de l’argent ailleurs que dans les murs où on dort, ça ne faisait pas partie du décor.
Les seuls souvenirs d’investissement que j’ai, ce sont des contre-exemples. Ma grand-mère allait à la banque acheter des actions, mais avec un tempérament de joueuse, plus proche du pari que de la stratégie. Mon père, qui travaillait chez Alcatel, avait pu acheter des actions de son entreprise à prix préférentiel. Le titre a ensuite chuté en bourse. Ce que j’ai retenu, enfant, ce n’est pas qu’on pouvait construire quelque chose mais qu’on pouvait perdre.
Mes grands-parents possédaient pourtant tout un immeuble, avec un bar-tabac au rez-de-chaussée et des logements loués au-dessus. Mais là encore, ce qui m’est resté, ce sont les histoires de mauvais payeurs, de gens qu’il fallait aller déloger. L’investissement locatif, dans ma tête, c’était des ennuis. Ça ne m’a jamais traversé l’esprit d’en faire.
Pour celles et ceux qui me découvrent : je suis Tiffany. Plusieurs métiers, aucun patron depuis 2021, et une théorie selon laquelle on peut construire une constellation professionnelle plutôt que choisir un seul métier. J’écris ici chaque semaine depuis 2024 pour raconter comment ça marche (ou pas).
Alors je n’ai rien fait. J’ai travaillé beaucoup en tant que salariée, j’ai gagné de mieux en mieux ma vie, et j’ai tout dépensé. Je ne voyais pas l’intérêt d’épargner. Pas par insouciance, je crois, mais parce que je ne voyais pas quoi faire de cet argent une fois mis de côté. Je cotisais pour ma retraite, donc le sujet était réglé (du moins je le pensais). Mon conjoint, lui, a toujours été plus regardant, plus économe. En quelques années, l’écart entre nous s’est compté en dizaines de milliers d’euros. Je le voyais, ce différentiel. Mais ça ne suffisait pas à me faire bouger.
Le déclic est venu vers mes 38 ans, quand j’ai découvert le mouvement FIRE. D’un coup, deux révélations auxquelles je n’avais jamais réfléchi. La première : il existait des gens qui ne travaillaient pas toute leur vie, et qui n’étaient pas pour autant en marge de la société. Je n’avais jamais remis en cause l’idée que je serais salariée jusqu’à la retraite. C’était comme ça, point. La seconde : il y avait une méthode, un calcul. Tu vis sobrement, tu places, et à un moment tu vis de tes placements. J’avais 38 ans et je découvrais qu’on pouvait penser l’argent autrement.
J’ai commencé à creuser. Et l’année suivante, en 2019, un podcast écouté pendant des vacances au Chili a tout fait basculer. Un homme y racontait comment il avait acheté ses premiers appartements pour les louer. Il gagnait 1 500 euros par mois. Avec mon conjoint, on gagnait beaucoup plus que ça, à deux, sans enfant. Et lui, avec ses 1 500 euros, il avait construit quelque chose que nous, avec nos revenus confortables, nous n’avions pas. Je suis sortie de là avec une seule envie : comprendre. Parce que ce qu’il racontait avait l’air vrai. Et ça l’était.
On avait notre appartement déjà payé, donc aucun crédit en cours. On a calculé. Pour atteindre mon objectif FIRE, il me fallait environ un million d’euros placé. J’en étais très loin, forcément, puisque je n’avais quasiment rien épargné. Alors on a fait le raisonnement inverse : ce million, on allait l’emprunter à la banque, l’investir dans l’immobilier, et laisser les loyers rembourser les prêts. L’épargne se ferait toute seule, portée par les locataires. Aujourd’hui c’est le cas. Les loyers couvrent les mensualités et il se constitue, chaque mois, une épargne d’environ 6 000 euros sans trop effort de notre part (il y en a, ce n’est pas du 100% passif comme la bourse).
Ce qui s’est passé ensuite m’intéresse autant que le déclic lui-même. Une fois qu’on a investi, un mouvement s’est créé autour de nous. Mes parents ont investi en immobilier, ma sœur, mes deux beaux-frères, mon frère. J’ai même créé une offre de coaching immobilier que j’ai facturée à une dizaine de clients. Et là, le résultat a été net : ils sont presque tous passés à l’acte, ils ont acheté. Parce que sur l’immobilier, je pouvais les accompagner jusqu’à la signature, étape par étape. Cette expérience m’a appris deux choses. D’abord que ces personnes avaient un vrai besoin d’accompagnement, et que je le comprenais, malgré ma capacité à l’avoir appris seule. J’étais quand même passée par des formations en ligne. On a beau être autonome, on a souvent besoin d’être guidé. Ensuite que cet accompagnement marchait quand je pouvais aller jusqu’au bout avec eux.
Sur les placements financiers, l’histoire a été différente. Là, je ne pouvais qu’expliquer, encore et encore, le fonctionnement des ETF et de la bourse en particulier. Et le constat a été plus sans appel. Les gens comprenaient le principe. Ils savaient qu’il fallait placer. Mais ils ne le faisaient pas. Ou alors trois, quatre ans après notre conversation. J’ai aujourd’hui encore des proches qui ont de l’argent qui dort, qui savent pertinemment qu’ils devraient le placer, et qui ne bougent pas.
Pendant longtemps j’ai cru que c’était un problème de motivation. Je me trompais. La différence avec le coaching immobilier était précisément là : je ne pouvais pas ouvrir les contrats à leur place, choisir les supports, suivre les versements, ajuster dans le temps. Je transmettais une compréhension, et je m’arrêtais au seuil de l’action. Or ces personnes ne cherchaient pas à devenir compétentes en investissement. Elles voulaient déléguer pour que qu’une personne qui tiendrait compte de leurs objectifs de vie place leur argent. Ce que je ne pouvais pas leur offrir.
Ma tante en est un bon exemple. Je l’aide déjà à déclarer ses revenus locatifs et à optimiser sa fiscalité. Avec son conjoint, ils ont passé 65 ans, et je les sens bloqués sur une vraie question : faut-il vendre leur immobilier et placer l’argent, et s’épargner les tracas ? La réponse penche probablement vers oui. Mais ils restent immobiles, parce qu’ils ne savent pas comment placer, et que personne ne le fera pour eux.
Le vrai basculement, celui qui m’a fait passer de l’idée à la décision, est venu d’une expérience personnelle. Nous avons des liquidités en ce moment, et plusieurs professionnels nous ont proposé de les investir. Des banquiers d’abord, avec des placements immobiliers franchement mauvais : des biens surpayés, des rendements locatifs insuffisants, des risques minimisés, présentés comme l’affaire du siècle. Je suis restée sidérée qu’on puisse être à ce point à côté de la réalité. Je crois qu’ils pensent vraiment proposer une bonne affaire.
Puis notre gestionnaire en banque privée. Même impression. Des produits poussifs, des frais à chaque étage, alors que nous avions clairement dit que nous savions ce qu’on pouvait obtenir en ligne et que nous étions capables de placer nous-mêmes. J’attendais un conseil qui dépasse le mien. Il n’est pas venu. Et avant eux, il y avait déjà eu les notaires, les comptables, un avocat fiscaliste rencontré plusieurs fois.
C’est là que la conviction s’est formée. Le métier de conseil patrimonial, tel qu’on me l’a montré, m’a souvent semblé pauvre, fermé, et plus occupé à protéger des marges qu’à servir vraiment. Il y a un manque réel. D’un côté, des gens compétents mais peu nombreux et accessibles. De l’autre, des proches et des inconnus qui ont un peu d’argent (pas non plus des fortunes), qui voient l’inflation grignoter leur épargne et les retraites se fragiliser, et qui ne font rien parce que personne ne leur propose de s’en occuper à leur place. Entre les deux, il y a une place pour quelqu’un qui sait faire, qui le fait pour de vrai, et qui le fait sans le jargon ni les frais cachés.
Reste une question que je me suis posée sérieusement avant de me lancer : est-ce que cette nouvelle activité a sa place dans ma constellation, ou est-ce que je me disperse ? J’ai pris le temps d’y répondre, comme pour chaque étoile que j’envisage. Et plusieurs éléments m’ont rassurée. C’est un sujet que j’ai déjà à moitié testé avec le coaching immobilier, donc je sais que j’aime accompagner et que je sais le faire. Les coûts fixes tournent autour de 2 000 euros par an, ce qui reste raisonnable. J’ai déjà la structure juridique, une SASU. Mon diplôme d’école de commerce m’évite sans doute une partie de la formation réglementaire, même si je vais devoir valider mes acquis par un examen. Ce qui reste, c’est surtout du temps administratif pour ouvrir la profession, réviser les fondamentaux financiers, et tout cela tombe pendant ma haute saison de gîtes, donc ça ne m’empêche de rien. Je me donne six mois, pour une activité opérationnelle début 2027 si j’y arrive.
Et surtout, j’ai la place pour l’absorber. La vente de deux gîtes me libère du temps et de l’énergie. C’est un point auquel je tiens : on ne lance pas une nouvelle étoile quand les autres sont toutes en phase intense. Mon dernier vrai test d’étoile remonte à 2023-2024, avec les cadres décoratifs. Depuis, j’ai pris le temps de réfléchir à ce que je voulais, et de retrouver de l’énergie après deux années de gîtes épuisantes, celles-là mêmes qui m’ont poussée à prendre une gestionnaire et à vendre deux biens. La fenêtre est ouverte, justement parce que je l’ai dégagée.
Pour aller plus loin
Vous voulez passer à l’action avec mes outils ?
L’Ikigaï inversé pour identifier ce que vous refusez dans votre vie professionnelle. Point de départ quand on ne sait pas encore par où commencer. Le Révélateur pour cartographier votre constellation en 50 questions. Étape suivante quand vous savez ce que vous ne voulez plus.
Vous voulez approfondir avec mes archives et ressources ? J’ai créé des ressources avec mes méthodes concrètes, mes chiffres réels et les exercices que j’utilise en mentorat.
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à bientôt ?
Tiffany
PS : Vous pouvez (re)découvrir ici mon histoire et ce que j’appelle ma constellation professionnelle. J’écris aussi des articles sur un blog. Je publie sur Notes mes pensées du moment et chaque lundi le bilan de la semaine passée.


