#129 Un nouveau filtre
Il y a tout juste un an, j’écrivais mon article n°63 sur le premier domino de ma transformation. En résumé, ma lecture du premier livre de Marie Kondo en 2015, un appartement que j’ai désencombré, puis une longue chaîne de conséquences que je n’aurais pas pu anticiper.
J’ai repris cet article car j’étais en manque d’inspiration pour cette newsletter et l’article d’Astrid Brake m’a donné envie de reprendre de temps en temps un article passé.
Je me suis dit que j’allais voir ce que je racontais en mai dernier, et coïncidence de calendrier… j’ai fait hier un tri massif de ma garde-robe. J’en ai souvent fait depuis 2015, mais celui-là était différent.
Pour celles et ceux qui me découvrent : je suis Tiffany. Plusieurs métiers, aucun patron depuis 2021, et une théorie selon laquelle on peut construire une constellation professionnelle plutôt que choisir un seul métier. J’écris ici chaque semaine depuis 2024 pour raconter comment ça marche (ou pas). Tu peux t’abonner juste en dessous, c’est gratuit.
Donc j’aime trier depuis 2015. C’est l’un des rares rituels domestiques que je n’ai jamais eu besoin de me forcer à faire. Il y a quelque chose de satisfaisant dans le fait de tenir un objet, de décider de son sort, de le voir quitter l’espace pour une nouvelle vie. Mais j’avais atteint un palier avec ma garde-robe. J’appliquais les critères « classique » (l’ai-je porté dans l’année ? est-ce qu’il me va encore ?) et ça fonctionnait jusqu’à un certain point. Il me restait une couche de vêtements que ces questions ne permettaient pas de trancher. Des pièces de “ma vie corporate d’avant”, bien faites, qui ne me plaisaient plus vraiment mais que je ne pouvais pas justifier d’éliminer. J’attendais quelque chose sans savoir quoi exactement.
Ce quelque chose est arrivé grâce à Charlotte Moreau, que je lis régulièrement depuis des années. Elle parle de vêtements, de style, et depuis quelques mois, de colorimétrie et de silhouette via la méthode Kibbe. La semaine dernière, elle a publié un article sur la façon dont elle avait enfin réussi à appliquer cette méthode, après des années à tourner autour, grâce à ChatGPT. C’était suffisamment inspirant pour que je me décide à essayer.
Pendant une soirée, j’ai partagé des photos de moi pour identifier mes couleurs et ma silhouette. J’ai été très déçue de découvrir que les couleurs qui me vont au teint ne sont pas celles vers lesquelles je vais naturellement. Tout ce qui est terreux (le vert, le rouille, les tons automnaux) ne me va pas. Mince.
J’ai donc abordé ce nouveau tri de ma garde-robe avec un filtre que je n’avais pas avant. Couleur d’abord. Et également silhouette. Le combo est redoutable : ce qui passe les deux critères est très limité. J’estime avoir retiré entre près de 70 % de ma garde-robe. Une partie est partie en don, immédiatement. Je suis allée déposer le sac le jour même, pendant que l’élan était là. Une autre est partie dans la borne de recyclage textile au bout de ma rue. Et le reste sera vendu en ligne. Ce n’est pas ma tâche préférée, mais je sais que je serai satisfaite une fois fait.
C’était intéressant de voir mon absence de regret. Avec des critères clairs, chaque décision était évidente. Pas de négociation intérieure. Pas de “je le garde au cas où”. Le vêtement correspondait ou ne correspondait pas.
On en revient toujours au même endroit. La finitude libère. C’est un fil qui traverse beaucoup de ce que j’écris ici, parce que c’est un fil qui traverse beaucoup de ce que je vis. Moins de choix, meilleures décisions. Un cadre étroit produit plus de clarté qu’un horizon ouvert.
Avant ce filtre colorimétrie/silhouette, face à un site comme Uniqlo, j’avais des centaines d’options. Maintenant, il y en a seulement deux ou trois qui me correspondent (mes couleurs sont très rares). Ce rétrécissement du possible, que j’aurais vécu comme une contrainte il y a dix ans, m’apparaît aujourd’hui comme un soulagement. Je n’ai pas à peser chaque option. Je n’ai pas à hésiter. La réponse est immédiate. Ce n’est plus une question de volonté. Le filtre fait le travail.
Le mécanisme pour arriver à cela est intéressant. C’est toujours le même : un outil d’apprentissage (un livre, une IA, une newsletter), une soirée passée à comprendre quelque chose que je ne savais pas, un filtre nouveau qui rend les décisions simples là où elles étaient floues. Ce qui me plaît dans cette démarche, c’est qu’elle n’exige pas de discipline particulière une fois le filtre en place. Je n’ai pas besoin de me rappeler de “consommer moins”. Je n’ai pas besoin de résister à la tentation. Le filtre rend la tentation invisible, ou du moins, reconnaissable immédiatement pour ce qu’elle est : quelque chose qui ne me correspond pas. Le minimalisme que j’ai appliqué dans une première version me demandait un effort. Se débarrasser des choses demandait de décider, d’évaluer et me battre contre ma tendance à garder “au cas où”.
Là, c’est différent. L’effort a été concentré en une soirée d’apprentissage. Tout ce qui suit est fluide. Je ne me prive pas, mais je me suis dotée de critères suffisamment précis pour que les bonnes décisions deviennent automatiques.
Il y aura peut-être une nouvelle histoire de minimalisme en mai prochain. Ou pas, car je crois que je commence à arriver au bout du chemin.
Pour aller plus loin
Vous voulez passer à l’action avec mes outils ?
L’Ikigaï inversé pour identifier ce que vous refusez dans votre vie professionnelle. Point de départ quand on ne sait pas encore par où commencer. Le Révélateur pour cartographier votre constellation en 50 questions. Étape suivante quand vous savez ce que vous ne voulez plus.
Vous voulez approfondir avec mes archives et ressources ? J’ai créé des ressources avec mes méthodes concrètes, mes chiffres réels et les exercices que j’utilise en mentorat.
Vous voulez un accompagnement personnalisé ? Je propose du mentorat individuel pour construire et améliorer votre constellation.
à bientôt ?
Tiffany
PS : Vous pouvez (re)découvrir ici mon histoire et ce que j’appelle ma constellation professionnelle. J’écris aussi des articles sur un blog. Je publie sur Notes mes pensées du moment et chaque lundi le bilan de la semaine passée.

